‹ Œuvres choisies d'Antoine Pierre Augustin de PiisChapitre 13 sur 165 · AUX DINERS DU VAUDEVILLE · texte numérisé non relu

AUX DINERS DU VAUDEVILLE

Air du petit Matelot.

La Morale a coura ta yiUe Sans obteuir de grands succès : A nos Dîners du Vaudeville Elle est là qui demande accès. > — Mon Dieu , qu'elle doit être belle ! Disent nos chansonniers contens.

Courez , Brigot , courez pour elle Ouvrir la porte à deux battans. —

La Morale au bor.t de la table Prend une place lentement , Et chante d'un ton lamentable De feu Panard l'enterrement.

QueUe impatience est la nôtre En écoutant ses longs hélas !

Nous nous regardons tous l'un l'autre , Mais nous ne la regardons pas.

— Vttc, un restaurant pour madame.

Qui ne peut plus se soutenir, Disent d» toi^ d» l'épigraiDme- Les plus pressés de la bannir.

— De Momus ce rébus me prouve Qne voms êtes les nourrissons ; Mais je répondrai que je trouve

 mordre assez sur vos chansons. —

C'est l'instant du vin de Champagne , Du pundi et de U Côt^'Or; Chacun de nous bat U caoïpagne , £t la Morale gronde encor, ^ — Trêve à ces dangereux breuvages , Dit-elle , ou bien j'anncmce à tous Que si la Grèce avait sept sages, La France a cent fois plus de fous. —

Ce dernier trait monte la tête De nos couvives étourdis.

— Celte Morale est malhonnête , Et ses brocards sont trop hardis :

Panni v^us sans doute , et pour cause , Elle a bien droit de s'installer^

Mais au dessert , sur tgute cho^ ^ Pf ous la prioois de s'en aller,

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