PÉGASE RAMENÉ PAR L'AMOUR
Al & : La maison de Montîciir Vautoui.
Fier d'avoir autrefois porté
Boilesm , Molière et La Fontaine ,
Pégaâtt errait en liberté
Sur les rives de lUypocrène.
Près de lui ni'étant arrêté ,
Je disais tout 1ms r Quelle honte
Qu'il ne soit pas encor dompté
Depuis tant de temps qu'on le monte I
Aussitôt je- saute à ses crins ,
Et , -malgré son regard farouche ,
Subtilement je le contrains
A soufirir un mors dans sa bouche.
■*— Ce n'est point pour gêner tes pas ,
Lui dîs-je, qtte je te le donne;
C'est qu'avecmbi je ne veux pas
Que tu puisses mordre personne.—^
Pais loi mettant la selle fiiu dos , J'en ùis descendre en parallèle Denx étriers des plus égaux , En ajoutant : — Point de querelle; C'étaient trois &meux écuyers Que Jean , Despréaux et Molière I Mais sans selle et sans étriers Moi je serais bien vite à terre. — <
Au seul mouvement du bridon Il rue, il écume, il firissomie.^..' Dans un yaste caparaçon Sans plus tarder je l'emprisonne.
— Ami, lui dis-je, dans ce temps Tu sais quel chaud règne au Parnasse ; Par les maringouins déyorans On est piqué dès qu'on y passe.
Tu yeux partir; hé bien, partons....
La, la, que ton ardeur s'appaise....
Nous resterons dans les vallons ; Beau coursier, n'en prends qu'à ton aise. J'aperçois Lafare et Ghaulieu , Patrons de la galté française ; Atteignons^les ; je te fais yœu' De ne point trottejp à l'anglaise. -*«
J'allais chantant ; Tair était frais j Pégase doublait son alliore $ Nous allions sortir des marais^ Tout me semblait d'un bon augure i Tout à coup j'entends ded crapauds Coasser au fond de' la fbnge.
Et je vois du sein des roseaux Sortir une figure étrange.
Sa langue est un dard de serprat; Elle* a les emilles velues , Le dos bien large, l'oeil perçant; Ses doigts sont des grifie^ sâgaës ; Pour fuir plus vite en certain cas EHe a les deux pieds d'un Satjrre Pégase en me jetant à bas Se câlnra devant la Satire.
•Un enfiauit passait par hasard , Et fut témoin de ma disgrâce.
De tourner Pégase à l'écart.
Qui le croirait ! il eut l'audace.
L'œil étincelant de fureur, .
Hérissant sa longue crinière , Pégase , encor saisi d'horreur, ]Vecule au fond dfune bruyère.
Notre maiinot, presque entralné>
Le retire alors par la bride :
D'un air doux , mais déterminé «
A revenir il le décide;
Il passe sur son cou fumant
Une p^te main bénigne ,
Et de l'autre , en me souriant.
De m'approcher il me tait signe*
Je l'aborde en tremblant toujours ,
Et reconnais à son visage
Le prince enjoué des Amours.
— Abl difr^ alMHiy prenons courage;
La Satire aura keau crier,
Plein du noureau fou qui m'embrase,
Puisqu'Amour me tîeat Félrîer,
Je remooierai aur Pégase.
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