‹ Œuvres choisies d'Antoine Pierre Augustin de PiisChapitre 131 sur 165 · LA RÉSIGNATION ÉPICURIENNE · texte numérisé non relu

LA RÉSIGNATION ÉPICURIENNE

lia : Que ne suii-je la fuugëre.

XiÉBÉ m'est presque ravie ; Mais je suis bien convaincu Qu'un sage au quart de sa vie Doit avoir déjà vécu :

Couché sur un lit de roses , * En paisible épicurien, Je désire peu de choses, Et je ne regrette rien.

On n'entend plus sur ma lyre Retentir des vers d'amour; Mais ceux qu'Ovide soupire Je les redis nuit et jour.

Rassasié sans ivresse, Et (idcle par ennui, J'aime à préser i ma maîtresse Sans aimer celle d*autrui.

' ( 458 ) Les deux coudes sur la table ^ Vainement je me promets De contenter Hiôte aimable Qui la surcharge de mets ; Je guette une faim légère , Comme un malade en repos^ Guette un rayon de lumière Au travers de ses rideaux.

Lorsque la goutte me frappe D'un invisible poignard , Vers le buste d'Esculape Si je tourne un seul regard ^ Ce n'est pas que je me livre Au àonx espoir de guérir;.

Je ne cherche point à vivre ; Je cherche à ne point mourir.

Contrebandier d'Amathonte ^ J'ai fait cent larcins divers ; Mais Vénus fut par trop prompte A charger mes pieds de fers.

Qu'importe que je me traîne Avec un peu plus d'effort; Je trouve en cachant ma chaîne A commercer dans le port.

(459) Si la mort est assez bonne (Ayant de m'en dégager) Pour souffrir qu'Amour me sonne Le quart d'heure du berger, Je descendrai d'un air brave Dans ma dernière maison , Gonmie aujourd'hui dans ma cayei Pour y perdre la raison^

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