LA &EYERBÉRA.TION DU MIROIR
AIE : O ma tendre musette.
O dieux! à sa fenêtre Ma fenêtre répond!
Cent fois j'y vois paraître Son minois blanc et rond!
Mais lorsque je lui jure Qu'elle me met en feu, Le bruit d'une voiture Emporte mon aveu !
D'écrire un mot je grille^ Mais si par accident Elle est encore fille, Sa mère ira grondant; Et si c'est une femme, Et l'époux et l'ami Pour déjouer ma trame Sont de compte à demi.
L^exemple d'Archimëde Embrasant des vaisseaux IVTindique le remède Qui convient à mes maux; Ce miroir que j'incline Par son reflet malin Peut dire à ma voisine Que je suis son voisin.
Père de la lumière, Officieux soleil; Et vous , dieu de Cy thère , Par un effort pareil Au fond de cette glace Unissez-vous tous deiix; Prêtez à sa surface Votre ^clat et vos feux.
Partez, lueur mobile, Partez , et dès Tinstaïit Voltigez dans Tasile De cette aimable i. enfant:
Puisque tout «nous sépare , Sans lui causer d* effroi Devenez domme un phare; Dirigez la vers moi.
Arrêtez-vous sur elle, Donnez-lui dans les jeux; Pour firapper sa cervelle Faites dé yotre mieux; Et si son air farouche Prétend vous imposer.
Allumez sur sa bouche La soif d'un doux baisen
Que yotre éclair rapide Descende un peu plus bas Sous ce mouchoir perfide Qui cache tant d'appas; Jusqu'à son cœur timide Glissez-vous pas à pas:
Las I la main qui vous guide Ne vous y suivra paSf
Que vois-je ! elle me lance , En soufflant sur ses doigts , Vingt baisers d'espérance Embarqués à la fois.
Serait-elle rebelle?
Oh non I dans mon espoir Je dis : C'est une belle Que j'ai prise au, miroir.
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