LES APPLAUDISSEMENS
Ait de i« croisa.
Jahais les applaudÊssemea^ N'auront , je crois , d'effet funeste :
Ces sons flatteurs , ces sons charmans Ont une origine céleste ; Car lorsque le grand Jupiter Eut fait par son souffle suprême L'onde , le feu , la terre et l'air, Il s'applaudit lui-même.
« Nos vers survivront à l'airain, • Disaient Virgile , Ovide , Horace :
<r Applaudissons-nous; c'est en vain « Que la faulx du Temps nous menace. » Et tout en chantant ce refrain Us claquaient de si bonne grâce , Que le bruit de leurs coups de main Pure encore au Parnasse.
(7' ) £t Térence on sait par cpuels mocs U Gjnt la deraiène scène DUéauton-TimcNniiBénos ^ De l'Eimuque et de i'Ândriexme* « Oui , dit-il , peuple <:ito jea , « Je suis jalouiL de tcm suffinage :
« Bonjour, 'bonsoir^ poite-toi « Mais claque mon ouvrage. »
Lemierre aux Joges se p^/^ntait Pour applaudir sa |M7opre pièce ; Et si quelqu'un l'en plaisantait Il répondait ^wc rudesse:
<r Si je me claque à tour de bras , « C'est qu'il n'est point d'ami fidèle tf Qui m'applaudisse en pareil cas ff Avec autant de zèle, ^i
D'après ces exemples divers, Amis, faisons tous la partie Lorsque nous publlrons des vers De mettre à part la modestie :
Loin de résister à T orgueil, Livrons-nous à sa douce attaque > L'humilité qui baisse l'œil TSe vaut pas une claque.
(7^) Auteurs , acteurs sont peu flattés , Chez Melpomène et chez Thalie , De ces petits bravos flûtes Qui nous sont venus d'Italie :
U faut , si Ton veut tous les soirs Que leur oreille se régale , Par des mains comme des battoirs Faire trembler la salle.
Pour moi , qui ne suis point gonflé Du venin de la noire envie , Et qui , Dieu merci y n'ai sifflé Aucun pocte de ma vie , Je vais vous Êiire en ce moment Part de mes vœux les plus sincères Applaudissez«moi librement; Je vous le rends, mes frères.
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