‹ Œuvres choisies d'Antoine Pierre Augustin de PiisChapitre 4 sur 165 · LE LUTH DU VAUDEVILLE · texte numérisé non relu

LE LUTH DU VAUDEVILLE

AIR : Avec lea jeui dans le TÎllage.

Avant d'être anacréontique ^ Belliqueux , bachique et moral , Qu'était le Vaudeville antique?

Un petit ménestrel rural :

N'ayant qu'une corde à sa lyre, Par un monotone bourdon De Sylvandre et de Sylvanire Il réglait le froid rigaudon.

Amour, choqué de sa routine , L'introduit un jour dans son parc.

— Prends , dit*il , la corde argentine Qui servit jadis à mon arc.

Et sous le balcon des cruelles , A Fespagnole , en tapinois , Des amans tendres et fidèles Seconde et le geste et la voix, —

Mars l'acoste ; Mars lui présente

Une autre corde en fil de fer.

— ^Marche en avant , dit-il , et chante

Dorénavant sur un ton fier :

Tu guideras les pas rapides

Des Français, mes plus chers guerriers,

Quand leurs phalanges intrépides

Cueilleront lauriers sur lauriers. —

Perché sur l'âne de Sylène , Bacchus approche en trébuchant , Et dit : — Ton intérêt m'amène :

Prends cette corde, mon enfant; Faite avec du poil de ma béte , Elle rendra des sons ditins Quand à Comus on tiendra tête.

Et quand on vantera mes vins. — »

A son tour Minerve l'aborde ; Et lui dit : — Mon ami, je veux Composer ta dernière corde D'une tresse de mes cheveux; Elle sera grave et sonore Sous les doigts des sages rimenrs Qui dans ce siècle osent encore Préconiser les bonnes mœurs. —

<5) Ainsi du petit Vauderille Le luth fut à la fin complet ; Tour à tour aux champs , à la ville , l^ar ses différens tons il plaît.

Quiconque à ses leçons se livre En pince ^vec plus ou moins d'art; Mais comment seid faire revivre Favart , Collé , Piron , Panard î

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