LE LUTH DU VAUDEVILLE
AIR : Avec lea jeui dans le TÎllage.
Avant d'être anacréontique ^ Belliqueux , bachique et moral , Qu'était le Vaudeville antique?
Un petit ménestrel rural :
N'ayant qu'une corde à sa lyre, Par un monotone bourdon De Sylvandre et de Sylvanire Il réglait le froid rigaudon.
Amour, choqué de sa routine , L'introduit un jour dans son parc.
— Prends , dit*il , la corde argentine Qui servit jadis à mon arc.
Et sous le balcon des cruelles , A Fespagnole , en tapinois , Des amans tendres et fidèles Seconde et le geste et la voix, —
Mars l'acoste ; Mars lui présente
Une autre corde en fil de fer.
— ^Marche en avant , dit-il , et chante
Dorénavant sur un ton fier :
Tu guideras les pas rapides
Des Français, mes plus chers guerriers,
Quand leurs phalanges intrépides
Cueilleront lauriers sur lauriers. —
Perché sur l'âne de Sylène , Bacchus approche en trébuchant , Et dit : — Ton intérêt m'amène :
Prends cette corde, mon enfant; Faite avec du poil de ma béte , Elle rendra des sons ditins Quand à Comus on tiendra tête.
Et quand on vantera mes vins. — »
A son tour Minerve l'aborde ; Et lui dit : — Mon ami, je veux Composer ta dernière corde D'une tresse de mes cheveux; Elle sera grave et sonore Sous les doigts des sages rimenrs Qui dans ce siècle osent encore Préconiser les bonnes mœurs. —
<5) Ainsi du petit Vauderille Le luth fut à la fin complet ; Tour à tour aux champs , à la ville , l^ar ses différens tons il plaît.
Quiconque à ses leçons se livre En pince ^vec plus ou moins d'art; Mais comment seid faire revivre Favart , Collé , Piron , Panard î