A UNE DIATRIBE DE M. DE LALANDE
AïK : Momieur le Pr^it <le« marchands.
te
Jl ANois que j'ai les yeux baissés
Quel trait malin vous me lancez !
Il faudrait , sublime astronome ,
Vous rappeler dorénavant
Qu'il m'est permis d'être un bonhomme ,
Comme il vous l'est d'être un savant.
Vous deviea , à ce que je crois , Y regarder même à deux fois Avant d'accuser d'imposture Un homme qui n'est en effet Breveté que de la Nature Pour mettre en œuvre un tel secret.
li'intérét nest point mon agent; Rustique sans être indigent, Et peu capable de finesses ; Je laisse aut commis du grand ton Chercher la source des ritrhesses , Moyennant le tour du bâton.
Monsieur le prévôt des marchands , Et quantité d'honnêtes gens.
Au travers du sol et des roches M'ont vu , ce qu'on appelle vu , De l'eau dont je crains les approches Deviner le cours imprévu.
Je n'ai nulle prétention ,
Et dans mon opération
Je consens que chacun me guette ;
Mais quand j'ai dit la vérité
Je dois mener à la baguette
L'envie et l'incrédulité.
Pourquoi ferait-on mon procès?
Il faut des sourciers au Français , Qui depuis que le splen l'enchaîné A , par un goût trop raisonneur, Perdu les sources d'Hjrpocrènc , De l'allégresse et du bonheur.
Et que ne mériterait pas Auprès d'un sexe plein d'appas Le sourcier dont l'expérience Ferait découvrir un matin Cette fontaine de Jouvence Tant de fois décrite en latin !
Mais parlons sérieusement :
Pour vous , monsieur, absolument Si mon talent tient du mystère , Au lieu d'en douter faites mieux ; Laissez-moi lire dans la terre Comme vous lisez dans les cieux.
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