‹ Œuvres choisies d'Antoine Pierre Augustin de PiisChapitre 86 sur 165 · Ï)U PAIN D£ SEIGLE · texte numérisé non relu

Ï)U PAIN D£ SEIGLE

Aia : Dam la paisc et i*iiinoeeDtfè*

Ci'est à plus d'un titre , certes^ Que du cher Cadet-de-Vaux Nous prisons les découyertes Et vénérons les travaux ; Mais quand il prescrit le seigle A tous ses concitoyens , Voudrait-il à cette règle Soumettre les Cancalliens?

La mode , 6 mes camarades I Nous force-t-elle à fléchir.

Et sommes-nous si malades Qu'on nous doive rafraîchir?

Par sa coideur détestable Le seigle , inspirant Tennui j Nous ferait pétrir à table Des couplets lourds comme lui.

( ^77 ) Lmgnet dans mainte brockttfe Etablit ayec raison Qu'un pain né de la levure Est par lui-même tm poison :

Or, d'un pain blanc comme albâtre »

Si maître Linguet Fa dit , Qa'eùt-il dit d'un pain mulâtre Qu'on- prétend mettre en crédit?

Je tiens qu'il yeut être dupe , Ou qu'il a l'esprit troublé , Le convive qui s'occupe D'orge , de seigle ou de blé.

Lorgnant mon pain face à face y Moi j'en al toujours conclu Qu'il est , tel blanc qu'on le fiasse ^ Un aliment superflu.

C'est donc en vain qu'on imprime Que les pains cuits par Hédé ^ Sont le résultat sublime De maint docte procédé :

Je les crois dignes d'éloges , Même d'un prix infini ; 4 Mais qu'il les porte à Limoges ; ce sera pain béni.

Bavons tous à tasse plaine , Et liguons-nous, mes amis, Pour que jamais chez fialaine Ce pain bis ne soit admis , Ou derrière nos épaules Demain Paris ya crier :

Vous ayez na^ngé y mes drôles , Votre p^ .blanc le premier.

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