LES CERISES
AXA : ADDette à l'ftge de quinze ans.
Du plus au.moms ^ du moîiis au plus Qui ne connaît pas. Lucullus?
Nos écoliers savent par cœur
A quelle date
De Mithridâte
Il fut vainqueur.
Mais en été , dans nos repas , Nous ne songeons seulement pas .
Que le cerisi^ tant vanté
D'Asie à Rome
Par ce bravé homme
Fut implanté. *
De Cerisonde k Cerigo , '^ ' Mangeant du fruit roùg^ à* gogo , Il se disait : Qœl plant joli !
Comme il importe
Que j'en rapporte
A Tivoli !
Tant que son triomphe dursf Le cerisier y figora.
Plus la populace riait
Voyant Tarfaliste ,
D'un ton robuste
Plus il criait:
— Romains , LucuUus yous réponJ Que c^est un des bons firuits du Pont i Qu'on ne cherche point la grosseur
Dans la cerise ,
Mais qu'on la prise
Pour sa douceur.—-
Pour nous , gourmands , crions haro Sur rindigeste Bigarreau; Lançons aussi maints quolibets
Contre la Guigne ,
Sœur noire ^ indigne.
Des vrait Gobets.
Les Gobets cTont s^agit ici
Sont nati& de Montmorenci ,
Et comme sur l'arbre ils sont piis ^
A quatre lieues
Leurs courtes queues
Doublent leur prix.
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LA PÊCflE.
Am : La maîion dé Moniieur Vautour».
De singer les docteurs en us Que si j'avais la fantaisie , Je vous dirais que Luculluâ Fit venir la pèche d'Asie ; Voulant de ce fruit séduisant Légitimer la race antique , Je dirais que même à présent On l'appelle pêche persique.
Mais c'est la pèche de Montreuil Qui doit servir chez nous d'exemple ; Sans doute qu'ici de bon œil Chacun de nous tous la contemple.
Que j'en admire les couleurs !
Que son Jus parfiumé m'entraîne f La rose est la reine des fleurs ; Mais des fruits la pèche est la reine.
Lft Grosse-Mignone a bon goût , La Madeleine fait enyie ; Mais les gourmands doivent surtoat Chérir FAIberge et la Pavie.
Mordez , mordons sans nuls délais Leurs peaux délicates et lisses; Qu'il en découle en nos palais Un torrent sucré de délices !
Imitons Je peuple écolier; Il admire , il cueille , il dévore Pèche en plein vent ou d'espalier Dès que le soleil la colore ; Il n'en garde pas pour demain , Il n'en met point dans Teau-de-vie ; Car chacune est sur son chemin Mangée aussitôt que ravie.
Dans Marseille ou dans Avignon Pour peu qu'on ait {jaii résidence , On est l'apqtre du Brugnon Qui s'y rencontre en abondance :
Il est , quand la maturité A sa verdeur a mis un terme , Au-dehors rouge et picoté , Au-dedans musqué , jaune et ferme.
(?85) Chaque espèce au reste a son prix; Mais la pèche que Ton compare A certains charmes de Cypris Est la meilleure et la plus rare :
Son duvet est tel qu'en effet Nos lëyres en sont caressées , Et qu'à Tartufe cela fait Venir de coupables pensées.
Si l'on en croit chaque Normand, Pour subjuguer le premier homme Il fallait nécessairement Qu'Eve lui ftt don d'une pomme :
Mais moi je soutiendrai qu'Adam, S'il eût eu la bouche plus fraîche , N'aurait consommé notre dam Qu'en mangeant une grosse pèche.
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QVA.
AiA : M«8 boBf ÈBÔMj pourries-Tosi m'enicîgBer*
D'avoir appris quatre mots de latin Le curé Luc était bien aise ;
U s'avisa d'écrire un beau, matin A Marc , prélat du diocèse :
« Foc mihi^ monseigneur, « Le plaisir et l'honneur, <r Si diligis les omelette^ , tr De ventre mcmducare ft jipud Ldicam, pauvre curé, tr Oi^a, les œufs de &es poulettes. »
Le prélat Marc chez cet original Au grand galop se fait conduire.
— Je viens , mon cher, en convive loyaJ » Voir si vos Oi^a veulent cuire.
— Soit, lui dit Luc ravi; Monseigneur est servi , Et peut choisir sous la serviette ; Le temps d'un açe Maria A rendu ces oî^a digna De Fépiscppale mouillette. —
L*instant d'après Pacpiette ^ fœil madré , Pa<]uette » gouvernante ou nièce y
Itfet sur la table un bataillon carré D'omelettes de toute espèce.
Luc' dit à Marc : -—Voilà Oi^a^ nova ova Pour régaler votre éminence.
Sans doute que monseigneur va , Par deux ou trois alléluia.
Me prouver sa reconnaissance.--»
Marc , loin de rire , était un peu coùftis , Et prenait déjà Luc en grippe ,
Quand tout à coup U pleut des œuÊ au jus , A la neige , et même à la tripe ; Il pleut des œu£s poChéd , n pleut des œu& brouillés.
L'évéque en vain fait mine grise ; Il pleut encor des œufe £àrcis , Et puis ensuite des œufs' firits , Sans compter des œufi en chemise.
Toutefois Marc , dans Tespoir d'tm dessert^ Digère enfin cette incartade ;
Mais Luc fait signe , et Piquette leur sert
D'(Bu& durs une énorme salade.
Qui pis -est , Luc /en va-
Répétant : — Mes oi^a Aux meilleurs fruits sont préférable^.
— Cen est trop , de par JéIio\ra 1' Reprend Marc en fureur'; ohï va, Ohl va tCH-méine à^dus les diablesl
k^^W%%^«Aia -«A/^'^%\ %%)% ^^% %«%%%'*
LA POMME
ET LA POMME DE TERRE
DIALOGUE
AIR : Amoiez-ToaSy jeunes filleftes*
L'autre matin pomme ordinaire Du haut d'un arbre se vantait ; Non loin de là pomme de terre ^ Quoiqu'à ses pieds » lui ripostait.
Je vais vous raconter en somme Leurs débats assez curieux ; Elles se disputaient la pomme ^ Quoiqu'étant pommes toutes deux.
LA POMliE.
Ma famille a plus d'une branche j Api, Châteignié, Francatu, Calyi , Rainette grise ou blanche :
Toi , pour synonyme qu'as-tu?
LA POMBIB DE TSKRE.
Les titres n'ont rien qui me flatte ; Mais on m'appelle , que je crois , Morelle ici , plus loin Patate , Et Truffe dans beaucoup d'endroits.
LA POMME
Tu veux singer la pomme noire^ Visage de Topinambour !
LA POMME DE TERRE
Et toi , tu yeux t'en faire accroire Avec ta face de Rambour.
LA POMME
Ton fruit végète dans la teire.
LA POMME DE TERRE
Le tien , dans tous les cas , pendu ^ Ta souvent, je ne puis m'en taire , Valu le nom de Capendu.
LA POMME
A quoi peut sçrvir ton feuillaige ?
A régaler vache et cochon.
LA POMME DE TERRE
Le Normand pour faire un breuvage Te vendange à coups de bâton.
LA POMME
Pauvre imbécille !
LA POMME DE TERRE
Pauvre sotte I
LA POMME
Crains un revers.
LA POMME DE TERRE
Crains un échec* Va te faire mettre en compotte !
LA POMME
Va te faire frire en bifteck !