MANUSCRITS DE PASQUIER
On a parle des manuscrits de V Interprétation des Instantes de Justinian et du manuscrit latin du Catéchisme des Jésuites : mes recherches dans les dépôts publics ont, du reste, été inutiles pour arriver à la découverte de quelque autre manuscrit, publié ou non, des ouvrages de Pasquier.
Seulement dans la collection Dupuy , conservée à la Bibliothèque nationale, j'ai trouvé au volume 575 une transcription du Plaidoyer d'Etienne Pasquier « pour le duc de Lorraine intimé contre les seigneur et dame de Bussy d'Amboise pour la terre de Mouguinville. » Ce plaidoyer a été imprimé dans l'édition d'Amsterdam, à la lin du premier volume z.
En outre, le volume 0G3 de la même collection contient quatre lettres originales et autographes que Pasquier, en 1582, adresse de
' Voy. Lelong, Bibliothèque de I" ' Dan» cette causé, plàidée en 1~>T2. France, t. I, p. 807. devaatle Grandconseii, Pasqu'irravaïl
pour adversaire le célèbre Marion.
BIBLIOGRAPHIE. CCXXV1I
Paris, en sa maison, à Loisel, résidant à Bordeaux. A la fin de l'une de ces lettres il le prie de la brider après l'avoir lue '. Loisel était alors avocat du roi dans la chambre de justice de Guienne. Elles ne roulent guère que sur des détails domestiques : ce qu'elles offrent d'intéressant a d'ailleurs été précédemment cité.
Le volume 712 de la même collection est également signalé comme contenant des lettres de Pasquier. Mais en le feuilletant plusieurs fois avec le plus grand soin , je me suis assuré que cette indication était erronée.
Un autre manuscrit de la Bibliothèque nationale5, où sont recueillies des poésies de beaucoup d'auteurs du seizième siècle, de Ronsard , de Desportes, de Pibrac, surtout de Jodelle, etc., nous offre quelques vers que l'on signale comme étant de Pasquier. Bien qu'une note marginale avertisse qu'ils ont été imprimés, ils ne se trouvent ni dans la Jeunesse de Pasquier ni dans la grande édition de 1723. C'est une pièce que suggère au poêle « l'amour d'une belle dame, » et qui est datée de 1580. Il n'y a aucune preuve qu'elle soit en effet de Pasquier.
OUVRAGES QUI CONCERNENT DIRECTEMENT PASQUIER. Fin du XVIe siècle, commencement du svnc.
Pasquier, ou Dialogue des Avocats du parlement de Paris ; par Antoine Loisel , avocat au parlement. Cet ouvrage fut composé en 1002 : on le trouve dans les Opuscules de Loisel, édités par son petit-fils Claude Joly, Paris, in-4°, 1652.
Sur ce livre et sur son auteur, que l'on a justement nommé le Plutarque de la robe, on peut voir le discours prononcé par M. Dupiu pour la rentrée de la cour de cassation, en 1845.
Les Lettres de Nicolas Pasquier : elles ont déjà été citées plus haut.
La vie d'Etienne Pasquier, dans Y Histoire des Poètes français, de ( hiillaume Colletet, t. V; cons. sur cet ouvrage, demeuré manuscrit, la Bibliothèque du père Lelong, t. IV, p. 171 et suiv.
Cette biographie a d'autant plus d'intérêt pour nous, que l'auteur se félicitait d'avoir, dans sa première jeunesse, joui fréquemment de la compagnie de Pasquier, et reçu même plusieurs leçons de cet illustre vieillard.
1 Cette lettre est du 23 novembre 2Nun>. 2220 du catalogue de Collier!
CCXXV1JT APPENDICE.
Polémique des Jésuites.
La Vérité défendue pour la religion catholique en la cause des
Jésuites, contre le plaidoyer d'.lnt. Arnauld; Tolosc , chez Coloraiez, lôDôjin-S", par François des Montagnes : c'était principalement uue réponse au plaidoyer d' Arnauld en 1 j94 ; mais Pasquier y était attaqué dans les notes. — Sur cet ouvrage et sur les suivants, on peut consulter Barbier, Dictionnaire des Anonymes.
Réponse de René de Lafon, pour les religieux de la Compagnie de Jésus, au plaidoyer de Marion (qui avait provoqué contre eux l'arrêt du 16 octobre 1597); Villefranche, 1599, in-8°. Là encore Pasquier recevait plusieurs atteintes '.
La Chasse du renard Pasquin, découvert et pris dans sa tanière du libelle faux marqué le Catéchisme des Jésuites , par Félix de la Grâce; Villefranche , le Pelletier, 1602, in-8°.
Ce fut la réponse des jésuites au Catéchisme de Pasquier.
La Chusse du renard était réimprimée in- 12 dés 16<)3. En outre, Pasquier, dans hi dernière lettre du vingt-deuxième livre, dit que le gentilhomme qui lui apporta ce livre « l'avait trouvé à Douai, imprimé chez Jean Béliers, jaçoit qu'on le pût avoir imprimé à Villefranche chez G. Grenier ».
Plainte apologétique au roi, pour la Compagnie de Jésus; Avignon, 1603, in-8°.
La Plainte apologétique était plus particulièrement une réponse au Franc et véritable discours, parleque!,en 1602, le célèbre Antoine Arnauld demandait à Henri IV que l'arrêt de proscription porté contre les jésuites fût exécuté dans toute sa rigueur. Mais l'auteur, en combattant Arnauld, revenait encore au Catéchisme des Jésuites. et n'épargnait point Pasquier. Les jésuites envoyèrent, dit Lélong, t. IV, page il, pour étrenne au roi, en 1603, ce livre, où ils.se plaignaient amèrement des calomnies avancées contre l'honneur de leur société, en vue d'en empêcher le rétablissement, et où ils em ployaient toutes leur forces à se disculper.
Le Franc et véritable discours ainsi que la Plainte apologétiqut furent réimprimés eu 1610.
C'est au jésuite Bicheome, qui prit, comme on voit, plusieurs
1 Voy, la critique do ces deux ouvrages dnns le Catéchisme tirs Jésuites , p. 196.
T.ICLIOGRAPHIE. CCXXIX
pseudonymes , que sont attribués tous ces ouvrages i. 11 était Provençal : son esprit ardent et son caractère fougueux le rendaient très-propre à la polémique. Il traitait sans pitié ses adversaires: pour lui ils étaient des ignorants, des menteurs, des calomniateurs; il ne voyait pas le bien en dehors de la Société. Aussi ne tarit-il pris sur les services qu'elle a rendus et les grands hommes qu'elle a produits. Son style, sans goût et sans mesure , mais non sans quelque chaleur grossière , est semblable à celui de Garasse. Hardi et véhément , il attaque toujours , même quand il affecte de se tenir sur la défensive. Ses écrits lui valurent la dignité de l'un des quatre assistants d'Aquaviva, «c'est-à-dire de l'un de ses quatre grands conseillers d'État, » comme le remarque Pasquier dans une lettre à ce général des jésuites (XXI, 3). Lorsque Y Anti-Coton parut ( c'était une réponse à la Lettre déclaratoire de la doctrine des jésuites sur la vie des rois, par le père Coton, dont l'anagramme « Perce ton roi » indiquait assez les doctrines), la plume de Richeome (Bordeaux, 1603, etParis, 1610, in-8°) fut encore employée à réfuter cette pièce 2. En dernier lieu il écrivit contre l'avocat général Servin (Agen, 1615, in-8°), qui avait porté la parole contre les jésuites 3. On remarquera que dans ses publications Richeome dissimula toujours son nom : c'était une tactique familière aux jésuites. Pasquier fait dire à l'un d'eux < : « Par un nouveau formulaire nous faisons des livres sous noms supposés , comme sont les deux qui courent sous les noms de François des Montagnes et de René de La-
' Malgré l'opinion commune (voy. la même ville, voulut renvier par sa
l.elong, t. 1, p. 867), on peut douter Plainte apologétique ». Parla il sem-
cependant que la Chasse du renard ble reconnaître deux auteurs pour les
lui appartienne. L'auteur de ce libelle, deux ouvrages.
dans le chapitre où il juge le style de 2 Voy. la Bibliothèque historique du l'asquier, 111, 12, cite entre les écri- père Lelong, t. 1, p. 870. Consult. aussi, vains qui font honneur a à la langue sur le père Coton, le Bulletin publié par et à la plume française », à côté de du la Société de l'histoire de France , Do- Vair, « un père Richeome, riche en son cuments historiques, t. 1; p . 288. éloquence mâle, riche en belles concep- 3 On s'étonnera sans doute que Citions, pieuses inventions et délicieuses cheome, auteur de tant d'ouvrages remarques de la nature », p. 352 de l'é- ( on peut en voir la liste dans la Bibliodit. de 1603. Or il est peu vraisem- thèque citée d'Alegambe , p. 572 '), et Wable que Richeome se soit décerné mêlé à de si ardents débats, ait été à lui-même cet éloge, l'asquier se con- omis dans la Biographie universelle et tente de citer dans la dernière lettre dans le Supplément, l'asquier le loue du XXIIe livre , comme auteur de la comme écrivain, dans sou Catéchisme Chasse du renard , » le jésuite de Bor- des Jésuites, p. 217, v° ; 234 et 278, v°, deaux , qui avait vomi contre lui les édit. de 1602; cf. Garasse, Voctrint plus burlesques injures » ; et il ajoute : curieuse, p. 877. « Bientôt sur ce jésuite de Bordeaux, > Catéchisme des Jésuites, p. 195 Richeome , provincial des jésuites dans
CCXXX APPENDICE. •
fon ». « Ils pensaient en être quittes, ajoute encore Pasquicr, quand sous nom supposé ils donnaient air à leurs injures. »
Amphitheatrum Honoris, inquo cahiuistaruminSociclalcm Jcsu rriminalioiies jugulatœ ; 1C00, in-4°.
Cet ouvrage parut sous le nom de Clarus Bonarcius, anagramme de Carolus Scribanius, jésuite, recteur d'Anvers , qui fut récompensé par le titre de « provincial dans tous les Pays-Bas » ( Lettres de Pasquier, XXI, 3 ). Arnauld, faisant allusion aux doctrines subversives que renfermait ce livre contre la vie des princes, l'appelait, en jouant sur ces mots, « un amphithéâtre d'horreur ». L'auteur, pour justifier son titre, s'était fait représenter, sur le frontispice de son livre , tenant une épée nue dans sa main droite , et dans l'autre un bouclier, tandis que six hommes égorgés étaient couchés à ses pieds. Dans cet ouvrage il n'y avait d'ailleurs qu'un livre consacré à la polémique : les deux autres étaient des vers de la façon du jésuite.
Les Recherches des Recherches et autres OEuvrcs de maître Estienne Pasquicr, pour la défense de nos rois , contre les outrages calomnies et autres impertinences dudit auteur; Paris, Ghappelet, 1022, in-8°.
Ce livre du père Garasse parut anonyme ; en voici l'épigraphe : «< Scriptum est, principem populi tui non maledices (Actorum XXIII) ».
« Les Œuvres de Pasquier, a dit G. Colletet, vivent encore dans la mémoire des hommes et éclatent dans toutes les fameuses bibliothèques , cependant que celles de Garasse contre Pasquier sont comme ensevelies dans des ténèbres éternelles. »
La Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps ou prétendus tels, contenant plusieurs maximes pernicieuses à l'État, à la religion et aux bonnes mœurs , combattue et renversée par le père François Garassus , de la compagnie de Jésus ; Paris, chez Sébastien Ghappelet, 1623,[in-4°, 8 livres, 1025 pages sans compter la table '.
Jugement et censure du livre de la Doctrine curieuse de François Garasse; Paris, 1623, petit in-12.
1 Livre rare : sur l'exemplaire que perlcgi ), formule son jugement sur
possède la Bibliothèque de l'Institut, l'ouvrage en lui appliquant ce vers de
il y a bon nombre de notes manns- Martial :
irites, qui ne sont pas sans valeur. SllI)t bonn SB„t quaeiiiijn mediacria, sunl
L'annotateur, homme de sens et de sa- (m.il.i plura. voir, après une double lecture ( bis
BIBLIOGRAPHIE. CCXXXI
L'abbé François Ogier fut l'auteur de cet ouvrage. Il y relevait avec une violence digne de Garasse « les médisances et les ignorances que celui-ci avait commises, ses facéties, ses malignités , son style bouffonesque et pédantesque ».
Apologie de Garasse par lui-mime; Paris, Cbappelet , 1624, petit in-12.
Outre les livres précédemment cités, ce défenseur compromettant des jésuites a composé encore un écrit satirique, en 1617, contre le fameux magistrat Louis Servin , dévoué comme l'auteur des Recherches au maintien de nos libertés religieuses et politiques. Il a laissé , de plus, entre autres ouvrages , des mémoires manuscrits « sur ce qui "s'est passé concernant les jésuites depuis 1624 jusqu'en 1626 », in-folio.
Défense pour Etienne Pasquier contre les impostures et calomnies de François Garasse; Paris, 1624, in-8°, de 945 pages.
Trois ans plus tard, suivant le témoignage de Brunel (Manuel du Libraire, v° Pasquier) , on mit à cet ouvrage le nouveau titre d'Antigarasse : circonstance qui a fort embarrassé les bibliographes et suggéré, comme on le voit dans Baillet, Jugements des Savants, t. VII, page 79-82, beaucoup de suppositions fort ridicules. L'ouvrage que nous avons cité est donc le même que celui que nous mentionnons à la suite.
L'Antigarasse, divisé en cinq livres ; Paris , chez Rollin Baragnes, 1627, in-8°.
« On a quelquefois attribué, dit Baillet, au passage cité, VAnligarasse h Pasquier lui-même , avec assez de vraisemblance. » Mais La Monnoie , l'anuotateur de Baillet, remarque avec encore plus de vraisemblance « que l'assertion ne peut se soutenir, puisque Garasse n'a écrit contre Pasquier que sept ans après la mort de celui-ci ».
■< UAntigarassc , continue avec moins de justesse La Monnoie, n'est pas d'ailleurs le titre du livre , à moins que par ce mol on n'ait voulu désigner la somme des fautes de la Somme thcologiqnc du père Garasse , ouvrage qui parut en 1626. »
Sur YAniigarasse on peut consulter les Mémoires de l'abbé d'Arligni, t. III, p. 20.S à 218, et t. VJI, page 29 et suiv.; et le Dictionnaire historique de Prosper Marchand, article Anligarassc, 1. 1, page 24-58.