‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 85 sur 176 · POETE FRANÇAIS ET LATIN. CXLV · texte numérisé non relu

POETE FRANÇAIS ET LATIN. CXLV

moins de cent quarante, on jugera si la matière parut riche. Encore sommes-nous prévenus que nous n'avons pas tous les vers composés sur ce sujet : plusieurs avaient péri pendant les troubles qui forcèrent Pasquier de s'éloigner de sa demeure1.

Dans l'Apologie de la main , Pasquier établit d'abord les services qu'elle est susceptible de rendre ; il montre ensuite à quels égards elle mérite ou l'éloge ou la critique. C'est une thèse écrite en prose, avec la forme pédantesque de la rhétorique du temps5. Puis vient la longue série des pièces, précédées de celle que l'écrivain consacre « aux ingénieuses mains qui l'ont honoré. » On dislingue entre les auteurs de ces badinages , au milieu de beaucoup de noms oubliés , ceux d'Antoine Arnauld , Honoré d'Urfé et d'Espeisses, ceux de Séguier, président ad conseil d'État, et de Hamel, recteur de l'université •le Paris. Malherbe, lui-même, apporta son épi à cette gerbe déjà si abondante. Enfin le chef du parlement, Achille de Harlay, et le grand prieur de Fiance ne dédaignèrent pas d'envoyer à Pasquier, dans cette occasion, leur tribut poétique3. Ce recueil excita, comme le précédent, beaucoup d'enthousiasme, et Thiard, « grand poëte et philosophe, » n'était que l'organe de l'admiration publique lorsqu'il déclarait « que jamais il n'avait vu deux petits poèmes plus beaux *. »

Quant à Pasquier, tant de suffrages montrent quelle était la gloire de son nom et la vogue de ses écrits. En se décernant de ses mains la couronne de poète, il ne faisait donc que partager l'opinion commune Cj. « Jamais, disait-il ingénument à son ami Loisel6, il ne m'est advenu de faire quelque échantillon en vers français ou latins, qui n'ait été favorablement reçu par les bons esprits, encore que l'on ne sût qui en était l'auteur. » Souvent il avait pu en effet, dissimulé par l'anonyme, entendre l'éloge de ses propres inventions; quelquefois au mérite de l'œuvre on avait deviné l'ouvrier. Aussi, non content de l'admirer, l'imitait-on à l'envi .

Comment lui reprocher dès lors d'être épris de ses vers et d'y revenir fréquemment, avec la complaisance de l'homme de lettres ap-

• T. Il des OEuvres de Pasquier, Orbis, a Pence viridi ad stiperbas,

col. 1048.

Hercule Gaues.

2 ld., col 1000 et suiv. ScsevoIidSaramarthani Poemata,p. 115

3 ld., t. Il , col. 1015 et 104fi. f.f. de redit, citée.

Lettres, VllI, !4et 15 '• Lettres, XIX, II ; cf. VI, 7.

• Lettres, XXI, 6. ' « Parce que la France est peuplée

de singes », dit malignement Pasquier Ù ce sujet : lettres, X4X, 11.

Te qnident l.m Magne Past lias

ro celebrem i, relebravil i

ŒUV. D'LT.

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