A M. DE FONTANES
Jeune favori d'Apollon, Vous vous ressouvenez peut-être Que dans l'harmonieux vallon Le même jour nous vit paraître.
Vous preniez un chemin pénible et dangereux;
Je n'osai m'engager dans cet étroit passage; Je vous souhaitai bon voyage, Et le voyage fut heureux.
Pour moi, prêt à choisir une route nouvelle,
Sous des bosquets de fleurs j'aperçus Erato;
Jo la trouvais jolie; elle fut peu cruelle; Tandis que vous montiez sur le double coteau ,
Je perdais mon temps avec elle.
Votre choix est meilleur; vos hommages naissans Ont déjà pour objet la muse de la gloire,
Et dans le livre de mémoire
Sa main notera tous vos chants.
A de moindres succès mes vers doivent prétendre. Les belles quelquefois les liront en secret ; Et l'amante sensible à son amant distrait Indiquera du doigt le morceau le plus tendre.