IDYLLE PERSANE
Ij'orage a grondé sur ces montagnes. Les flots échappés des nuages ont tout-à-coup enflé le torrent: il descend rapide et fangeux, et son mugissement va frapper les échos des cavernes lointaines. Viens, Zaphné; il est doux de s'asseoir après l'orage sur le bord du torrent qui précipite avec fracas ses flots é(;umeux.
Ce lieu sauvage me plaît; j'y ^suis seul avec toi, j)rès de toi. Ton corps délicat s'appuie sur mon bras étendu, et ton front se penche sur mon sein. Belle Zaphné, répète le cliant d'amour que ta bouche rend si mélodieux. Ta voix est douce comme le souffle du matin glissant sur les fleurs; mais je l'entendrai, oui, je l'entendrai malgré le torrent qui précipite avec fracas ses flots écumeux.
Tesaccens pénètrent jusqu'au cœur; mais le sourire qui les remplaceestplus délicieux encore. Oui , le sourire appelle et promet le baiser... Ange d'amour et de . plaisir, la rose et le miel sont sur tes lèvres. Sois discret, 6 torrent qui précipite avec fracas tes flots écumeux. '■"-
Le baiser d'une maîtresse allume tous les désirs. Quoi! ta tendresse hésite! elle voudrait retarder l'instant du bonheur! regarde, je jette une fleur sur les ondes rapides ; elle fuit.... elle a disparu. O ma jeune amie! tu ressembles à cette fleur; et le temps est plus rapide encore que ce torrent qui précipite avec fracas ses flots écumeux.
Belle Zaphné, un second sourire m'enhardit; tes refus expirent dans un nouveau baiser, mais tes regards semblent inquiets; que peux-tu craindre? ce lieu solitaire n'est connu que des tourterelles amoureuses ; les rameaux entrelacés forment une voûte sur nos têtes et les soupirs de la volupté se perdent dans le fracas du torrent qui précipite ses flots écumeux.