POUR I.A LOGE DES NEUF SOEURS
LiOiN de nous dormaient les tempêtes;
Dans ce temple à d'heureuses fêtes Les muses invitaient leurs disciples épars. Ici naissait entre eux une amitié touchante. Ils s'unissaient pour plaire ; et la beauté présente
Les animait de ses regards.
Qu'oses-tu , profane ignorance ?
Que veut ton aveugle imprudence?
Des Muses respecte l'autel :
Là fume un encens légitime.
Arrête ; tu serais victime De ton triomphe criminel.
Mais sur la démence et l'ivresse Que peut la voix de la sagesse?
Telles par fois, dans la saison Qui rend l'abondance à nos plaines, Du Nord les subites haleines Brûlent la naissante moisson.
Vous ne gronderez plus, tempêtes passagères. Ainsi que le repos, les arts sont nécessaires.
Qu'ils renaissent toujours chéris.
La France à leurs bienfaits est encore sensible ; Et nos fidèles mains de leur temple paisible
Relèvent les nobles débris.
Amans des arts et de la lyre, L'Orient reprend sa clarté ; Venez tous ; et de la Beauté Méritons encor le sourire.
Ici se plaisent confondus , Les talens, la douce indulgence.
Les dignités et la puissance , Et les grâces et les vertus.
Amans dos arts et de la lyre , L'Orient reprend sa clarté; Venez tous ; et de la Beauté Méritons encor le sourire.