‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 132 sur 147 · III · texte numérisé non relu

III

JXon , mon portrait n'est pas fidèle ,

Vos jolis vers en ont menti ;

Et si j'étais moins votre ami ,

Je vous ferais une querelle. t

Pour se croire im autre Apollon,

Il faudrait ne jamais vous lire.

Traître , vous me donnez son nom ,

Et vous avez gardé sa lyre.

Votre . missive charmante m'oblige de convenir qu'elle est mieux entre vos mains que dans les miennes. Vous me louez comme Horace, et je n'ai d'autre res-

semblance avec Virgile que de m'ttre exposé sur les flots, et de vous avoir donné le sujet de vos vers agréables.

Croyez-moi, ne guérissez jamais de cette métromanie dont vous vous plaignez, et dont vous êtes le seul à vous apercevoir.

Pour vos amis et pour vous-même

Ayez toujours auprès de vous

Ce joli démon qui vous aime,

Et dont je suis un peu jaloux.

Autrefois avec moins de grâce

Il inspirait Anacréon;

A Rome il allait sans façon

S'asseoir sur les genoux d'Horace;

Chaulieu soupirait avec lui

Des vers moins heureux que les vôtres ;

Vous êtes son nouvel ami ,

Et vous lui rendez tous les autres.

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