CHANSON XII
Nahajndovk, ô belle Nahandove! l'oiseau nocturne a commencé ses cris, la pleine lune brille sur ma tête, et la rosée naissante humecte mes cheveux. Voici l'heure : qui peut t'arrêtcr, Nahandove, ô belle Nahandove? Le lit de feuilles est préparé; je l'ai parsemé de fleurs et d'herbes odoriférantes, il est digne de tes ciiarmos, Niiiiaudovc, o 1k'11(> Nahaiulovo!
MADECASSES. i33
Elle vient. J'ai reconnu la respiration précipitée que donne une marche rapide , j'entends le froissement de la pagne qui l'enveloppe : c'est elle, c'est Nahandove , la belle Nahandove !
Reprends haleine, ma jeune amie; repose-toi sur mes genoux. Que ton regard est enchanteur, que le mouvement de ton sein est vif et délicieux sous la main qui le presse! Tu souris, Nahandove, 6 belle Nahandove!
Tes baisers pénètrent jusqu'à l'âme; tes caresses brûlent tous mes sens : arrête, ou je vais mourir. Meurt-on de volupté, Nahandove, 6 belle Nahandove?
Le plaisir passe comme un éclair ; ta douce haleine s'affaiblit, tes yeux humides se referment, ta tête se penche mollement, et tes transports s'éteignent dans la langueur. Jamais tu ne fus si belle, Nahandove, ô belle Nahandove!
Que le sommeil est délicieux dans les bras d'une maîtresse ! moins délicieux pourtant que le réveil. Tu pars, et je vais languir dans les regrets et les désirs; je languirai jusqu'au soir: tu reviendras ce soir, Nahandove, 6 belle Nahandove !
LErrRE 1.