‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 144 sur 147 · A BERTIN · texte numérisé non relu

A BERTIN

Du Cap de Bonne-Espérance, octobre 1777.

C'est ici que l'on voit deux choses bien cruelles, Des maris cnnuvcux et des femmes fidèles.

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Car l'Amour, tu le sais, n'est pas luthérien.

C'est ici qu'alentour d'une vaste théière ,

Près d'un large fromage et d'un grand pot à bière.

L'on digère , l'on fume , et l'on ne pense à rien.

C'est ici que l'on a santé toujours fleurie,

Visage de chanoine, et panse rebondie.

C'est dans ces lieux enfin qu'on nous fait aujourd'hui

Avaler à longs traits la constance et l'ennui.

On a bien raison de dire, chaque pajs , chaque mode. En France, les filles ne s'observent que dans l'extérieur ; l'amant est toujours celui que l'on reçoit avec le plus de froideur; c'est celui auquel on veut faire le moins d'attention; et de l'air le plus décent et le plus réservé on lui donne un rendez -vous pour la nuit : ici tout au rebours; vous êtes accueilli avec un air d'intelligence et d'amitié qui parmi nous signifierait beaucoup ; vos yeux peuvent s'expliquer en toute assurance , on leur répond sur le même ton ; on vous passe le baiser sur la main, sur la joue , même celui qui semble le plus expressif; enfin on vous accorde tout, excepté la seule chose qui s'accorde parmi nous.

Que faire donc? je ne fume jamais; la fidélité matrimoniale est bien ennuyeuse; dans une intrigue où le cœur n'est que chatouillé on ne vise qu'au dénoûment : la promenade est mon unique plaisir ; triste plaisir à vingt ans! Je le trouve dans un jardin magnifique, qui n'est fréquenté que par les oiseaux, les

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dryades et les faunes : les divinités de ces lieux s'étonnent de me voir sans pipe et un livre à la main. C'estlà que je jouis encore par le souvenir de ces momens passés avec toi, des douceurs de notre amitié, de nos folies , et des charmes de la caserne ; c'est-là que je t'écris , tandis que tu m'oublies peut-être dans Paris ;

Tandis qu'entouré de plaisirs , Toujours aimé, toujours aimable, Tu sais partager tes loisirs Entre les Muses et la table.

Adieu; conserve tous ces goûts; Vole toujours de belle en belle, Au Parnasse fais des jaloux , A l'amitié reste fidèle.

Puisses-tu dans soixante hivers Cueillir les fleurs de la jeunesse , Caresser encor ta maîtresse, Et la chanter en jolis vers!

LETTRE ni.

AU MEME

DeTilede Eourbou, janvier t775.

Tu veux donc, mon ami , (pie je te fasse connaître ta patrie? tu veux que je te parle de ce pays ignoré, que

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tu chéris encore parce que tu n'y es plus? je vais tâcher tic te satisfaire en peu de mots.

L'air est ici très sain; la plupart des maladies y sont totalement inconnues; la vie est douce, uniforme, et par conséquent fort ennuyeuse ; la nourriture est peu variée; nous n'avons qu'un petit nombre de fruits, mais il sont excellens.

Ici ma main dérobe à l'oranger fleuri Ces pommes dont l'éclat séduisit Atalante ;

Ici l'ananas plus chéri Elève avec orgueil sa couronne brillante ; De tous les fruits ensemble il réunit l'odeur.

Sur ce coteau l'atte pierreuse Livre à mon appétit une crème flatteuse; La grenade plus loin s'entr'ouvre avec lenteur ; La banane jaunit sous sa feuille élargie; La mangue me prépare une chair adoucie; Un miel solide et dur pend au haut du dattier; La pêche croît aussi sur ce lointain rivage; Et plus propice cncor, l'utile cocotier Me prodigue à -la -fois le mets et le breuvage.

Voilà tous les présens que nous fait Pomone; pour l'amante de Zéphire, elle ne visite qu'à regret ces climats brûlans.

Je ne sais pourquoi les poètes ne manquent jamais d'introduire un printemps éternel dans les pays qu'ils

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veulent rendre agréable : rien de plus maladroit; la variété est la source de tous nos plaisirs, et le plaisir cesse de l'être quand il devient habitude. Vous ne voyez jamais ici la nature rajeunie; elle est toujours la même; un vert triste et sombre vous donne toujours la même sensation. Ces orangers, couverts en même temps de fruits et de fleurs, n'ont pour moi rien d'intéressant, parce que jamais leurs branches dépouillées ne furent blanchies par les frimas. J'aime à voir la feuille naissante briser son enveloppe légère; j'aime à la voir croître, se développer, jaunir et tomber. Le printemps plairait licaucoup moins, s'il ne venait après l'hiver.

O mon ami! lorsque mon exil sera fini, avec quel plaisir je reverrai Fciiillancour au mois de mai î avec quelle avidité je jouirai de la nature! avec quelles délices je respirerai les parfums de la campagne ! avec quelle volupté je foulerai le gazon fleuri; les plaisirs perdus sont toujours les mieux sentis. Combien de fois n'ai-je pas regretté le chant du rossignol et de la fauvette! Nous n'avons ici que des oiseaux braillards, dont le cri importun attriste à -la -fois l'oreille et le cœur. En conqjarant ta situation à la mienne, apprends, mon ami, à jouir de ce que tu possèdes.

Nous avons, il est vrai , un ciel toujours piu^ et serein ; mais nous payons trop cher cet avantage. L'esprit et le corps sont anéantis par la chaleur; tous

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leurs ressorts se relâchent; l'Ame est dans un assoupissement continuel; l'énergie et la vigueur intérieures se dissipent par les pores. Il faut attendre le soir pour respirer ,• mais vous cherchez en vain des promenades.

D'un côté mes yeux affligés N'ont pour se reposer qu'un vaste ampliithéâtre De rochers escarpés que le temps a rongés; De rares arbrisseaux , par les vents outragés ,

Y croissent tristement sur la pierre rougeâtre j

Et des lataniers alongés

Y montrent loin à loin leur feuillage grisâtre. Trouvant leur sûreté dans leur peu de valeur, Là, d'étiques perdreaux de leurs ailes bruyantes Rasent impunément les herbes jaunissantes,

Et s'exposent sans crainte au canon du chasseur. Du sommet des remparts dans les airs élancée, La cascade à grand bruit précipite ses flots. Et, roulant chez Thétis son onde courroucée, Du Nègre infortuné renverse les travaux. Ici, sur les confins des états de Neptune, Où jour et nuit son épouse importune Afflige les échos de longs mugissemens,

Du milieu des sables brûlans

Sortent quelques toits de feuillage.

Rarement le Zéphyr volage

Y rafraîchit l'air cnilararaé;

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Sous K's feux (lu soleil le corps iuaninu;

Reste sans force et sans courage.

Quelquefois l'Aquilon bruyant, Sur ses ailes portant l'orage,

S'élance du sombre orient;

Dans ses antres l'onde profonde

S'émeut , s'enfle , mugit , et gronde ;

Au loin sur la voûte des mers

On voit des montagnes liquides S'élever, s'approcher, s'élancer dans les airs, Retomber et courir sur les sables humides; Les flammes du volcan brillent dans le lointain :

L'Océan franchit ses entraves.

Inonde nos jardins, et porte dans nos caves Des poissons étonnés de nager dans le vin.

Le bonheur, il est vrai , ne dépend pas des lieux qu'on habite; la société, pour peu qu'elle soit douce et amusante, dédommage bien des incommodités du climat. Je vais essayer de te faire connaître celle qu'on trouve ici.

Le caractère du Créole est généralement bon ; c'est dommage qu'il ne soit pas à même de le polir par l'éducation. Il est franc, généreux, brave et téméraire. Il ne sait pas couvrir ses véritables sentimens du masque de la bienséance; si vous lui déplaisez, vous n aurez pas de peine à vous en apercevoir; il ouvra aisément sa bourse à ceux qu'il croit scb amis; n'é-

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tant jamais instruit des détours de la chicane, ni de ce qu'on nomme les affaires, il se laisse souvent tromper. Le préjugé du point d'honneur est respecté chez lui plus que partout ailleurs. Il est ombrageux, inquiet et susceptible à l'excès; il se prévient facilement et ne pardonne guère. Il a une adresse peu commune pour tous les arts mécaniques ou d'agrément; il ne lui manque que de s'éloigner de sa patrie, et d'apprendre. Son génie indolent et léger n'est pas propre aux sciences ni aux études sérieuses; il n'est pas capable d'application; et ce qu'il sait, il le sait superficiellement et par routine.

On ne se doute pas dans notre île de ce que c'est que l'éducation. L'enfance est l'âge qui demande de la part des parens le plus de prudence et le plus de soin : ici l'on abandonne les enfans aux mains des esclaves ; ils prennent insensiblement les goûts et les mœurs de ceux avec qui ils \ivent : aussi, à la couleur près, très souvent le maître ressemble parfaitement à l'esclave. A sept ans, quelque soldat ivrogne leur apprend h. lire, à, écrire, et leur enseigne les quatre premières règles d'arithmétique ; alors l'éducation est complète.

Le Créole est bon ami , amant inquiet , et mari jaloux. (Ce qu'il y a d'impayable, c'est que les femmes partagent ce dernier ridicule avec leurs époux, et que la foi conjugale n'en est pas mieux gardée de part et d'autre. ) Il est vain et entêté ; il méprise ce qu'il ne

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connaît pas, et il connaît peu tic chose; il est plein de lui-même, et vide de tout le reste. Ici, dès qu'un homme peut avoir six pieds de maïs, deux cafiers, et un Négrillon, il se croit sorti de la cote de Saint- Louis ; tel qui galope à cru dans la plaine , une pipe à la bouche, en grand caleçon, et les pieds nus, s'imagine que le soleil ne se lève que pour lui. Ce fonds d'orgueil et de suffisance vient de l'ignorance et de la mauvaise éducation.

D'ailleurs, accoutumé comme on Test ici depuis l'enfance à parler en maître à des esclaves, on n'apprend guère, ou l'on oublie aisément ce qu'exigent un égal et un supérieur. Il est difficile de ne pas rapporter de l'intérieur de son domestique un ton décisif, et cet esprit impérieux que révolte la plus légère contradiction. C'est aussi ce qui entretient cette paresse naturelle au Créole , qui prend sa source dans la chaleur du climat.

Le sexe dans ce pays n'a pas à se plaindre de la nature : nous avons peu de belles femmes , mais presque toutes sont jolies ; et l'extrême propreté , si rare en France, embellit jusqu'aux laides. Elles ont en général une taille avantageuse et de beaux yeux. La chaleur excessive empêche les lis et les roses d'éclore sur leur visage; cette chaleur flétrit encore avant le temps d'autres attraits plus précieux, ici une femme de vingtcinq ans en a déjà quarante. Il existe un proverbe exclusif en faveur des petits pieds ; pour l'honneur de

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nos clames, je m'inscris en faux contre ce proverl)c. Il leur faut de la parure, et j'ose dire que le goût ne préside pas toujours à leur toilette : la nature, quelque négligée qu'elle puisse être, est plus agréable qu'un art maladroit. Ce principe devrait aussi les guider dans les manières étrangères qu'elles copient, et dans toutes ces grâces prétendues où l'on s'efforce de n'être plus soi-même.

Les jalousies secrètes et les tracasseries éternelles régnent ici plus que dans aucun village de province ; aussi nos dames se voient peu entre elles : on ne sort que pour les visites indispensables , car l'étiquette ost ici singulièrement respectée : nous commençons à avoir une cérémonie, une mode, un bon ton.

L'enfance de cette colonie a été semblable à l'âge d'or; d'excellentes tortues couvraient la surface de l'île; le gibier venait de lui-même s'offrir au fusil; la bonne foi tenait lieu de code. Le commerce des Européens a tout gâté. Le Créole s'est dénaturé insensiblement ; il a substitué à ses mœurs simples et vertueuses des mœurs polies et corrompues : l'intérêt a désuni les familles; la chicane est devenue nécessaire ; le chabouc a déchiré le Nègre infortuné ; l'avidité a produit la fourberie ; et nous en sommes maintenant au siècle d'airain.

Je te sais bon gré , mon ami , de ne pas oublier les Nègres dans les instructions que tu me demandes; ils sont hommes , ils sont malheureux ; c'est avoir bien

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des droits sur une âme sensible. Non , je ne saurais me plaire dans un pays où mes regards ne peuvent tomber que sur le spectacle de la servitude, où le bruit des fouets et des chaînes étourdit mon oreille et retentit dans mon cœur. Je ne vois que des tyrans et des esclaves, et je ne vois pas mon semblable. On troque tous les jours un homme contre un cheval : il est impossible que je m'accoutume à une bizarrerie si révoltante. Il faut avouer que les Nègres sont moins maltraités ici que dans nos autres colonies; ils sont vêtus; leur nourriture est saine et assez abondante : mais ils ont la pioche à la main depuis quatre heures du matin jusqu'au coucher du soleil; mais leur maître , en revenant d'examiner leur ouvrage, répète tous les soirs : u Ces gueux-là ne travaillent point » ; mais ils sont esclaves, mon ami; cette idée doit bien empoisonner le maïs qu'ils dévorent et qu'ils détrempent de leur sueur. Leur patrie est à deux cents lieues d'ici ; ils s'imaginent cependant entendre le chant des coqs et reconnaître la fumée des pipes de leurs camarades. Ils s'échappent quelquefois au nombre de douze ou quinze, enlèvent une pirogue , et s'abandonnent sur les flots. Ils y laissent presque toujours la vie ; et c'est peu de chose, lorsqu'on a perdu la liberté. Quelques-uns cependant sont arrivés à Madagascar ; mais leurs compatriotes les ont tous massacrés, disant qu'ils revenaient d'avec les blancs, et qu'ils avaient trop d'esprit. Malheureux! ce sont plutôt ces mêmes

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blancs qu'ils faut repousser de vos paisibles rivages. Mais il n'est plus temps, vous avez déjà pris nos vices avec nos piastres. Ces misérables vendent leurs cnfans pour un fusil ou pour quelques bouteilles d'eau-de-vie.

Dans les premiers temps de la colonie, les Nègres se retiraient dans les bois , et delà ils faisaient des incursions fréquentes dans les babitations éloignées. Aujourd'bui les colons sont en sûreté. On a détruit presque tous les marons ; des gens payés par la commune en font leur métier, et ils vont à la cliasse des bommes aussi gaîment qu'à celle des merles.

Ils reconnaissent un Etre suprême. On leur apprend le catécbisme; on prétend leur expliquer l'Evangile; Dieu sait s'ils en comprennent le premier mot! on les baptise pourtant bon gré malgré, après quelques jours d'instruction qui n'instruit point. J'en vis un dernièrement qu'on avait arraclié de sa patrie depuis sept mois: il se laissait mourir de faim. Comme il était sur le point d'expirer, et très éloigné de la paroisse, on me pria de lui conférer le baptême. Il me regarda en souriant , et me demanda pourquoi je lui jetais de l'eau sur la tète : je lui expliquai de mon mieux la cliose; mais il se retourna d'un autre côté , disant en mauvais français : Après la mort tout est fmi , du moins pour nous autres Nègres; je ne veux point d'une autre vie, car peut-être y serais-je encore votre esclave.

Mais sur cet aOliscant tableau

Qu'à regret ma main continue, Ami, n'arrêtons point la vue, Et tirons un épais rideau; Dégageons mou âme oppressée Sous le fardeau de ses ennuis :

Sur les ailes de la pensée, Dirigeons mon vol à Paris, Et revenons à la Caserne, Aux gens aimables, au Falerne, A toi le meilleur des amis, A toi, qui du sein de la France M'écris encor dans ces déserts, Et que je vois bâiller d'avance En lisant ma prose et mes vers.

Que fais -tu maintenant dans Paris? tandis que le soleil est à notre zénith, l'hiver vous porte à vous autres la neige et les frimats. Réalises-tu ces projets d'orgie auxquels on répond par de jolis vers et par de bons vins ? Peut-être qu'entouré de tes amis et des miens, amusé par eux, tu les amuses à ton tour par tes congés charmans.

Peut-être, hélas! dans ce moment Où ma plume trop paresseuse Te griffonne rapidement Une rime souvent douteuse, Assiégeant un large pâté ,

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D'Alsace arrivé tout-à-l'heure ,

Vous buvez frais à ma santé ,

Qui pourtant n'en est pas meilleure.

Dans ce pays le temps ne vole pas , i! se traîne ; l'ennui lui a coupé les ailes. Le matin ressemble au soir, le soir ressemble au matin; et je me couche avec la triste certitude que le jour qui suit sera semblable en tout au précédent. Mais il n'est pas éloigné cet heureux moment où le vaisseau qui me rapportera vers la France sillonnera légèrement la surface des flots. Soufflez alors, enfans impétueux de Borée, enflez la voile tendue. £t vous , aimables Néréides, poussez de vos mains bienfaisantes mon rapide gaillard.Vous rendîtes autrefois ce service aux galères d'Enée, qui le méritait moins que moi. Je ne suis pas tout-à-fait si pieux; mais je n'ai pas trahi ma Didon. Et vous, 6 mes amis ! lorsque l'Aurore , reprenant une robe plus éclatante, vous annoncera l'heureux jour qui doit me ramener dans vos bras , qu'une sainte ivresse s'empare de vos âmes :

D'une guirlande nouvelle Ombragez vos jeunes fronts; Et qu'au milieu des flacons Brille le myrthe fidèle.

Qu'auprès d'un autel fleuri , Chacun d'une voix légère

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Chante pour toute prière, Regina potens Cjpri ; Puis venant à racollacte D'un ami ressuscité, Par une triple rasade Vous saluerez ma santé.

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