‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 19 sur 147 · LES PARADIS · texte numérisé non relu

LES PARADIS

Croyez-moi, l'autre monde est un monde inconnu,

Où s'égare notre pensée.

D' y voyager sans fruit la mienne s'est lassée :

Pour toujours j'en suis revenu.

J'ai vu dans ce pays des fables Les divers paradis qu'imagina l'erreur.

Il en est bien peu d'agréables :

Aucun n'a satisfait mon esprit et mon cœur.

Vous mourez, nous dit Pythagore, Mais sous un autre nom vous renaissez encore,

i8 POESIES EROTIQUES.

Et ce globe à jamais par vous est habité. Crois-tu nous consoler par ce triste mensonge, Philosophe imprudent et jadis trop vante? Dans un nouvel ennui ta fable nous replonge. Ments à notre avantage, ou dis la vérité.

Celui-là mentit avec grâce Qui créa l'Elysée et les eaux du Létlié.

Mais dans cet asyle enchanté Pourquoi l'amour heureux n'a-t-il pas une place? Aux douces voluptés pourquoi Ta-t-on fermé? Du calme et du repos quelquefois on se lasse ; On ne se lasse point d'aimer et d'être aimé.

Le dieu de la Scandinavie,

Odin , pour plaire à ses guerriers.

Leur promettait dans l'autre vie Des armes , des combats , et de nouveaux lauriers. Attaché dès l'enfance aux drapeaux de Bcllone, J'honore la valeur, aux braves j'applaudis;

Mais je pense qu'en paradis

II ne faut plus tuer personne.

Un autre espoir séduit le Nègre infortuné , Qu'un marchand arracha des déserts de l'Afrique ;

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