‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 24 sur 147 · PROJET DE SOLITUDE · texte numérisé non relu

PROJET DE SOLITUDE

Fuyons ces tristes lieux , à maîtresse adorée ,

Nous perdons en espoir la moitié de nos jours,

Et la crainte importune y trouhle nos amours.

Non loin de ce rivage est une île ignorée.

Interdite aux vaisseaux, et d'écueils entourée.

Un zéphir éternel y rafraîchit les airs.

Libre et nouvelle encor, la prodigue nature

Embellit de ses dons ce point de l'univers :

Des ruisseaux argentés i^oulent sur la verdure,

Et vont en serpentant se perdre au sein des mers;

Une main favorable y reproduit sans cesse

L'ananas parfumé des plus douces odeurs;

Et l'oranger touffu, courbé sous sa richesse;,

Se couvre en même temps et de fruits et de fleurs.

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