‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 25 sur 147 · LIVRE I. a · texte numérisé non relu

LIVRE I. a

Que nous faut-il de plus ? cette île fortunée

Semble par la nature aux amans destinée.

L'Océan la resserre, et deux fois en un jour

De cet asile étroit on achève le tour.

Là je ne craindrai plus un père inexorable.

C'est là qu'en liberté tu pourras être aimable ,

Et couronner l'amant qui t'a donné son cœur.

Vous coulerez alors, mes paisibles journées.

Par les nœuds du plaisir l'une à l'autre enchaînées :

Laissez-moi peu de gloire et beaucoup de bonheur.

Viens; la nuit est obscure et le ciel sans nuage;

D'un éternel adieu saluons ce rivage,

Oli par toi seule encor mes pas sont retenus.

Je vois à l'horizon l'étoile de Vénus:

Vénus dirigera notre course incertaine.

Eole exprès pour nous vient d'enchaîner les vents;

Sur les flots aplanis Z<;phire souffle à peine;

Viens, l'Amour jusqu'au port conduira deux amans.

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