‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 39 sur 147 · LIVRE II. 4i · texte numérisé non relu

LIVRE II. 4i

Ah! puisse alors le ciel, pour me punir. De tes faveurs m'otcr le souvenir!

Bientôt après dans ta paisible couche Par le plaisir conduit furtivement, J'ai, malgré toi, recueilli de ta bouche Ce premier cri, si doux pour un amant! Tu combattais, timide Eléonore; Mais le combat fut bientôt terminé :

Ton cœur ainsi te l'avait ordonné.

Ta main pourtant me refusait encore Ce que ton cœur m'avait déjà donné.

Tu sais alors combien je fus coupable!

Tu sais comment j'étonnai ta pudeur!

Avec quels soins au terme du bonheur Je conduisis ton ignorance aimable!

Tu souriais, tu pleurais à-Ia-fois, Tu m'arrêtais dans mon impatience , Tu me nommais, tu gardais le silence : Dans les baisers mourut ta faible voix. Rappelle-toi nos heureuses folies ; Tu me disais en tombant dans mes bras : Aimons toujours, aimons jusqu'au trépas.

Tu le disais! je t'aime et tu m'oublies.

Page 1