‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 41 sur 147 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Que l'Amour a fait notre niaîtic , Qui seul peut donner le bonheur.

Qui sans notre exemple peut-être N'aurait jamais été trompeur.

Malheur à toi, lyre fidèle, Où j'ai modulé tous mes airs, Si jamais un seul de mes vers Avait offensé quelque belle!

Sexe léger, sexe charmant, Vos défauts sont votre parure. Remerciez bien la nature, Qui vous ébaucha seulement , Sa main bizarre et favorable Vous orne mieux que tous vos soins; Et vous plairiez peut-être moins, Si vous étiez toujours aimable.

LE RAGCOI\IMODE3ÏENT.

]\ous renaissons, ma chère Eléonore; Car c'est mourir que de cesser d'aiiner. Puisse le nœud qui vient de se former , Avec le temps se resserrer encore!

Devions-nous croire à ce bruit imposteur. Qui nous peignit l'un à l'autre infidèle! Notre imprudence a fait notre malheur.

Je te revois plus constante et plus belle, Règne sur moi, mais règne pour toujours : Jouis en paix de l'heureux don de plaire. Que notre vie obscure et solitaire, Coule en secret sous l'aile des amours, Comme un ruisseau qui murmurant à peine, Et dans son lit resserrant tous ses flots, Cherche avec soin l'ombre des arbrisseaux. Et n'ose pas se montrer dans la plaine. Du vrai bonheur les sentiers peu connus Nous cacheront aux regards de l'envie; Et l'on (lira , quand nous ne serons plus : Ils ont aimé, voilà toute leur vie.

FIN DU DEUXIEME LlVilE.

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