LIVRE TROISIEME
Oui, j'en atteste la nuit sombre, Confidente de nos plaisirs.
Et qui verra toujours son ombre Disparaître avant mes désirs; J'atteste l'étoile amoureuse , Qui pour voler au rendez-vous Me prête sa clarté douteuse ; Je prends à témoins ces verroux , Qui souv'ent réveillaient ta mère.
Et cette parure étrangère, Qui trompe les regards jaloux; Enfin, j'en jure par toi-même, Je veux dire par tous mes dieux; T'aimcr est le bonheur suprême , Il n'en est point d'autre à mes yeux.
Viens donc , 6 ma belle maîtresse , Perdre tes soupçons dans mes bras;
Viens t'assurer de ma tendresse , Et du pouvoir de tes appas.
Aimons, ma chère Éléonore, Aimons au moment du réveil , Aimons au lever de l'aurore.
Aimons au coucher du soleil , Durant la nuit aimons encore.