‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 47 sur 147 · MA RETRAITE · texte numérisé non relu

MA RETRAITE

boLiTUDE heureuse et champêtre,

Séjour du repos le plus doux ,

La raison me ramène à vous ;

Recevez enfin votre maître.

Je suis libre; j'échappe à ces soins fatigans, A ces devoirs jaloux qui surchargent la vie. Aux tyranniques lois d'un monde que j'oublie

5o POÉSIES EROTIQUES.

Je ne soumettrai plus mes goûts indépendans. Superbes orangers, qui croissez sans culture, Versez sur moi vos fleurs , votre ombre , et vos parfums ; Mais surtout dérobez aux regards importuns Mes plaisirs , comme vous enfans de la nature. On ne voit point chez moi ces superbes tapis Que la Perse à grands frais teignit pour notre usage; Je ne repose point sous un dais de rubis ; Mon lit n'est qu'un simple feuillage.

Qu'importe? le sommeil est-il moins consolant? Les rêves qu'il nous donne en sont-ils moins aimables? Le baiser d'une amante en est-il moins brûlant ,

Et les voluptés moins durables ?

Pendant la nuit , lorsque je peux

Entendre dégoutter la pluie ,

Et les fils bruyans d'Oritliie

Ébranler mon toit dans leurs jeux ;

Alors si mes jjras amoureux

Entourent ma craintive amie

Puis-je encor former d'autres vœux ?

Qu'irai-je demander aux Dieux,

A qui mon bonheur fait envie ?

Je suis au port, et je me ris

De ces écueils oii l'homme échoue.

Je resarde avec un souris

Cette fortune qui se joue

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