‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 5 sur 147 · NOTICE. XJ · texte numérisé non relu

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tant la variété des formes; enfin le charme de quelques épisodes qui seuls auraient suffit à une illustration poétique.

Cette production cependant, soumise de tant de manières à l'arrêt des partis , ne contribua pas à la fortune du poète. Il avait été présenté par Lucien Bonaparte comme candidat à la place de bibliothécaire des Invalides : le premier consul, qui voulait faire de l'autel une des principales bases de son pouvoir, fit rayer le nom de Parny de la liste qui lui avait été présentée.

Admis , en 1 8o3 , à remplacer Dévalues à l'Institut, il mit au jour les Galanteries de la Bible et le Paradis perdu ^ productions analogues, mais inférieures à la Guerre des Dieux : il semblait dire , par ce nouvel appel au scandale, que les clameurs du parti n'avaient pas intimidé sa muse. Ces deux pièces réunies aux Déguisemens de Vénus parurent sous le titre de Portefeuille volé, et furent l'objet d'une prohibition. En réduisant les formes gigantesques de Milton à des proportions légères , le poète intéresse et force à sourire. Ce n'est plus la gaîté mordante qui a inspiré les chants de la

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Guerre, mais on retrouve la touche du pinceau gracieux et délicat de l'amant d'Éléonore.

Parny, fidèle à ses principes, ne courba jamais son talent devant la puissance de l'empire. Il dut à l'amitié de M. Français de Nantes, directeur-général des droits-réunis, une place qui suffit à ses besoins et à son ambition.

Les dernières compositions du poète , attendues avec impatience, n'offrirent que l'ombre de ses premiers succès. Isnel et Asléga^ les Rose- Croix , Goddam , ont encore de la pureté descriptive dans certains morceaux, mais pèchent par l'incohérence des détails et par la faiblesse du style. Tous les critiques s'accordent à reléguer le Goddam à côté de la Guerre de Genève de Voltaire , quoique Parny ne soit pas descendu , comme le vieillard de Ferney, jusqu'au grotesque de Cailot.

Parny est mort le 5 décembre 1814. Ses oeuvres ont été recueillies par Didot l'aîné, en 5 voL in- 18. Cette édition a eu des contrefacteurs moins attachés à la correction du livre qu'au produit de leur spéculation. Outre les pièces que nous avons citées, on doit remarquer dans les œuvres de Parny,

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les Tableaux, les Chansons Madécasses eX \?l Journée champêtre , morceaux d'une élégance exquise et qui pourraient passer pour des chefs-d'œuvre dans le genre pastoral.

M. de Jouy fut appelé en 1 8 1 5 à remplir le fauteuil de Parny à l'Académie française. Errans tous deux sur des rives lointaines, leur liaison avait pris naissance dans le Nouveau Monde et avait servi de base à un commerce affectueux que la mort venait de rompre. Le récipiendaire se préparait, au jour solennel de son installation, à payer un tribut d'éloges aux taiens et aux qualités honorables de son ami ; l'affluence était prodigieuse. Éléonore , qui avait inspiré à Parny des chants si purs, se trouvait dans une tribune de la salle, attirée sans doute par le plaisir d'entendre encore ce que son cœur lui avait dit tant de fois.

On remarqua une circonstance que la mort seule du poète devait produire. La veuve de Parny assistait également à cette séance ; elle était près d'Éléonore : la rivalité des passions avait cessé. Toutes deux avaient besoin des mêmes émotions; toutes deux voulaient recueillii' l'hommage flatteur

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accordé au souvenir d'un homme qu'elles avaient aimé; mais combien leurs sensations devaient être différentes !...

A cette époque où des passions froissées succombaient sous des passions naissantes, d'injustes préventions s'élevèrent contre la mémoire deParny. Un ordre supérieur vint tromper l'attente du public : il n'y eut point d'éloge , pas même de discours, chose inconnue dans les fastes académiques.

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