‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 50 sur 147 · A M. DE F · texte numérisé non relu

A M. DE F

Abjurant ma douce paresse ,

J'allais voyager avec toi;

Mais mon cœur reprend sa faiblesse;

Adieu, tu partiras sans moi.

Les baisers de ma jeune amante

Ont dérangé tous mes projets.

Ses yeux sont plus beaux que jamais;

Sa douleur la rend plus touchante.

Elle me serre entre ses bras,

Des Dieux implore la puissance.

Pleure déjà mon inconstance.

Se plaint et ne m'écoute pas.

A ses reproches, à ses charmes,

Mon cœur ne sait pas résister.

Qui! moi, je pourrais la quitter!

Moi j'aurais vu couler ses larmes,

Et je ne les essuîrais pas!

Périssent les lointains climats

Dont le nom causa ses alarmes!

Et toi , qui ne peux concevoir

Ni les amans , ni leur ivresse ;

Toi, qui des pleurs d'une maîtresse

N'a jamais connu le pouvoir,

Pars; mes vœux te suivront sans cesse.

Mais crains d'oublier ta sagesse

Aux lieux que tu vas parcourir ;

Et défends-toi d'une faiblesse

Dont je ne veux jamais guérir.

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