LIVRE III
Tout m'y rappelle ma maîtresse, Tout m'y parle de ses attraits; Je crois l'enteuclre, et mon ivresse La revoit dans tous les objets.
Ce bouquet, dont l'éclat s'efface, Toucha l'albâtre de son sein; Il se dérangea sous ma main, Et mes lèvres prirent sa place.
Ce chapeau, ces rubans, ces fleurs, Qui formaient hier sa parure.
De sa flottante chevelure Conservent les douces odeurs.
Voici l'inutile baleine Où ses charmes sont en prison.
J'aperçois le soulier mignon Que son pied remplira sans peine.
Ce lin, ce dernier vêtement
Il a couvert tout ce que j'aime; JVIa bouche s'y colle ardemment.
Et croit baiser dans ce moment Les attraits qu'il baisa lui-même.
Cet asile mystérieux De Vénus sans doute est Tempire.
Le jour n'y blesse point mes yeux; Plus tendrement mon cœur soupire; L'air et les parfums qu'on respire , De l'amour allument les leux.
Parais, 6 maîtresse adorée!
J'entends sonner l'heure sacrée Qui nous ramène les plaisirs; Du temps viens connaître l'usage, Et redoubler tous les désirs Qu'a fait naître ta seule image.