‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 61 sur 147 · ÉLÉGIE IV · texte numérisé non relu

ÉLÉGIE IV

JjiEU des amours , le plus puissant des dieux, Le seul du moins qu'adora ma jeunesse , 11 m'en souvient, dans ce moment heureux Où je fléchis mon ingrate maîtresse, Mon cœur crédule et trompé par vous deux, Mon faible cœur jura d'aimer sans cesse. Mais je révoque un serment indiscret.

Assez long-temps tu tourmentas ma vie, Amour, amour, séduisante folie! Je t'abandonne, et même sans regret.

Loin de Paphos la raison me rappelle; Je veux la suivre et ne plus suivre qu'elle.

Pour t'obéir je semblais être né :

Vers tes autels dès l'enfance entraîné.

Je me soumis sans peine à ta puissance.

Ton injustice a lassé ma constance;

Tu m'as puni de ma fidélité.

Ah! j'aurais du, moins tenchi; et plus volage,

User des droits accordés au jeune âge.

Oui, moins soumis, tu m'aurais mieux traité.

Bien insensé celui qui près des belles

Perd en soupirs de précieux instans!

Tous les chagrins sont pour les cœurs fidèles;

Tous les plaisirs sont pour les inconstans.

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