LIVRE IV
IN os doux projets, vos sermens oubliés, Et tous mes droits par vous sacrifiés.
C'était trop peu , cruelle Eléonore ,
De ni'arracher ces traces d'un amour
Payé par moi d'un éternel retour;
Vous ordonnez que je vous rende encore
Ces traits chéris , dont l'aspect enchanteur
Adoucissait et trompait ma douleur.
Pourquoi chercher une excuse inutile,
En reprenant ces gages adorés
Qu'aux plus grands biens j'ai toujours préférés!
De vos rigueurs le prétexte est ftitile.
Non, la prudence et le devoir jaloux
N'exigent pas ce double sacrifice.
Mais ces écrits qu'un sentiment propice
Vous inspira dans des momens plus doux ,
Mais ce portrait, ce prix de ma constance.
Que sur mon cœur attacha votre main ,
En le trompant, consolaient mon chagrin :
Et vous craignez d'adoucir ma souffrance!
Et vous voulez que mes yeux désormais
Ne puissent plus s'ouvrir sur vos attraits;
Et vous voulez, pour combler ma disgrâce.
De mon bonheur ôter jusqu'à la trace.
Ah! j'obéis, je vous rends vos bienfaits.
Un seid me reste, il me reste à jamais.
Oui , malgré vous, qui causez ma faiblesse, Oui, malgré moi, ce cœur infortuné Retient encore et gardera sans cesse Le fol amour que vous m'avez donné.