EPILOGUE
C'ÉTAIT ainsi que ma muse autrefois, Fuyant la ville et cherchant la nature , De l'âge d'or retraçait la peinture ,
Et s'égarait sous l'ombrage des bois.
Pour V chanter , je reprenais encore
LA JOURNEE CHAMPETRE.
Ce luth facile, oublié de nos jours,
Et qui jadis dans la main des Amours
Fit résonner le nom d'Eléouore.
Mon cœur naïf, mon cœur simple et trompé,
N'ayant alors que les goûts de l'enfante,
A tous les cœurs prêtait son innocence.
Ce rêve heureux s'est bientôt dissipé.
D'un doigt léger pour moi la Parque file
Depuis vingt ans de cinq autres suivis ;
La raison vient ; j'entrevois les ennuis
Qui sur ses pas arrivent à la file.
Mes plus beaux jours sont donc évanouis !
Illusions, qui trompez la jeunesse.
Amours naïfs, transports, première ivresse,
Ah! revenez. Mais hélas! je vous perds;
Et sur le luth mes mains appesanties
Veulent enfin former de nouveaux airs.
Il n'est qu'un temps pour les douces folies ;
Il n'est qu'un temps pour les aimables vers.