‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 93 sur 147 · ERLAND · texte numérisé non relu

ERLAND

Et moi , contre-auîiral.

LE ROI

Très volontiers.

DOLPH A .

Je mérite et demande Un régiment.

LE ROI

La faveur n'est pas grande.

INEPTOÎX.

Pour acheter les voix du parlement.

Sire, il faudra deux cent mille guinées.

a84 . GODDAM !

LE ROI

C'est trop payer, goddam!

INEPTON.

Dans ce moment Tout renclîcrit; et les autres années (Coûteront moins.

LE ROJ.

Soit : venons aux Français.

INEPTON.

L'heureux Guillaume a de vastes projets. Si de l'Irlande il touche le rivage, Vous la perdez. Il peut après...

J'enrage.

LE ROI

De l'arrêter trouvez doue le moyen.

ALMOSTALL.

L'assassinat.

WANDYM.

Moi , j'en propose un autre Moins iiasardeux, le j)0!Son.

Lr: Kor.

P^t le votre.

Lord (î(n)rgepit?

GEORGEPIT.

C'est l'incerKlie.

LE ROI

Eh bien, Délibérez encore : je vous laisse, Et veux les mers; écrivez ce mot-là.

Messieurs mes fils, il faut à la princesse Un prompt hymen : le plus brave l'aura. »

Cette princesse était la jeune Enide, Belle, et de plus seul rejeton des rois A qui l'Irlande obéit autrefois, Et qu'a frappés le poignard homicid(^ Les fds d'Harold sollicitent son choix.; Mais de Guillaume elle chérit le frère. Le jeune Ernest, et lui promit sa main. Vaine promesse; à Londres prisonnière, Le seul Harold réglera son destin.

Loin d'elle Ernest entraîné par la guerre Peut l'oublier; une autre pourra plaire; Et ce penser redouble son chagrin.

La bonne Alix, qui soigna son enfance.

Veut dans son cœur ramener l'espérance : « Le ciel est juste; il vous doit son secours. Vous le savez; le roi, trompé toujours, A pour ses fils une aveugle tendresse : Ils briguent tous votre hvmen ; sa faiblesse Craindra long-temps de prononcer entre eux. La guerre éclate, et Guillaume peut-être

Bientôt ici pourra parler en maître.

Espérez donc un destin pliîs lieureux. »

Guillaume alors préparait sa vengeance.

Il réunit l'audace et la prudence; Infotigable, ennemi du repos, 11 est partout, et partout sa présence Porte la vie : il presse les travaux ; De ses soldats il fait des matelots; Son regard seul punit ou récompense, Et ce regard enfante les héros.

Au haut des airs, dans un brillant nuage. Sont réunis ces premiers paladins, Erancs et loyaux , terreur des Sarrazins , Toujours armés contre le brigandage, Le fier Roland , Oton, Astolphe, Ogier, Roger, Renaud, Bradamante, Olivier, Dans les combats prodigues de leur vie. Et dont le sang coula pour leur patrie. Ils souriaient h leur postérité.

Au milieu d'eux la Sylphide Hilarine Levait son front éclatant de beauté, (^.onnaissez-vous son heureuse origine?

Devant le dieu qu'adoraient les guerriers, Dans un vallon où la Seine sei'pente, Vénus fuyait : à ses yeux se présente Un lit de fleurs, de paiiipre, et de lauriers. (ïe lit champêtre, un amant qui la presse, Le demi-jotir (jui pn'cèck; la nuit.

CHANT I. -iSj

A s'arrêter invitaient la déesse :

De cet amour Hilarine est le fruit.

Elle promet le plaisir et la gloire.

Elle est debout , une lance à la main ; Un demi-casque orne son front serein; Et les Français la nomment la Victoire.

Dans Tombre assis, froid et silencieux, Le Gnome Spleen, noir enfant de la terre, Dont le pouvoir asservit l'Angleterre , Voit la Sylpliide, et détourne les yeux. Ij'imprudent Pride en jurant le rassure. Dans tous les cœurs il souffle un fol espoir, A chaque bouche il commande l'injure.

Et de la haine il a fait un devoir.

Des gentlemen la troiipe enorgueillie.

Dans la débauche et loin des camps nourrie, Reçoit du Gnome un courage imprévu , Achète un sabre, et croit avoir vaincu. Dans la taverne ils entrent en tumulte. Les fils d'îlarold arrivent triomphans.

Noble triomphe ! A nos guerriers absens Ils prodiguaient les défis et l'insulte. Pour augmenter le bruit et le fracas.

Triste plaisir des gens qui n'en ont pas. Viennent alors quelques Nymphes galantes. D'un brusque amour victimes indolentes.

Le lourd pudding et le sanglant rost-beef. Les froids bons mots, la licence srossière.

Quelques éclats d'un rire convulsif

Toujours suivi du silence, la bière

Qu'à chaque bouche offre le même verre,

De ce banquet aux assiettes fatal.

Font un dîner vraiment national.

Puis au dessert coulent en abondance

Le jus d'Aï, le nectar bordelais;

Et ces messieurs, ivres des vins de France,

Hurlent un toast à la mort des Français.

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