‹ Œuvres choisies de B. Pascal: Pensées et opuscules. T. uniqueChapitre 27 sur 71 · XL VII · texte numérisé non relu

XL VII

Il y a (rois moyens de croire : la raison, la coutume, L'inspiration. La religion chrétienne, qui seule a la raison, n'admet pas pour ses vrais enfants ceux qui croient sans inspiration : ce n'est pas qu'elle exclue la raison et la coutume, au contraire; mais il faut ouvrir son esprit aux preuves , s'y confirmer par la coutume; mais s'offrir par les humiliations aux inspirations, qui seules peuvent faire le vrai et salutaire effet : Ut non cvacuelur crux Christi (ICor., 1, 17).

Jamais on ne fait le mal si pleinement et si gaiement que quand on le fait par [un faux principe de] conscience.

Les Juifs, qui ont été appelés à dompter les nations et les rois, ont été esclaves du péché; et les chrétiens, dont la vocation a été à servir et à être sujets sont les enfants libres.

Est-ce courage à un homme mourant d'aller, dans la faiblesse et dans l'agonie , affronter un Dieu tout-puissant et éternel*?

Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger.

LIÏ.

La bonne crainte vient de la foi; la fausse crainte vient du doute. La bonne crainte porte à l'espérance, parce qu'elle naît de la foi, et qu'on espère au Dieu que l'on croit : la mauvaise porte au désespoir, parce qu'on craint le Dieu auquel on n'a point de foi. Les uns craignent de le perdre , et les autres de le trouver.

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