‹ Œuvres choisies de B. Pascal: Pensées et opuscules. T. uniqueChapitre 28 sur 71 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

Tous les païens disaient du mal d'Israël, et le pro-

phèie aussi : et tant s'en faut que les Israélites eussent droit de lui dire : Vous parlez comme les païens; qu'il fait sa plus grande force sur ce que les païens parlent comme lui.

Je [ Dieu ] n'entends pas que vous soumettiez votre croyance à moi sans raison, et ne prétends pas vous assujettir avec tyrannie. Je ne prétends pas aussi vous rendre raison de toutes choses ; et pour accorder ces contrariétés, j'entends vous faire voir clairement, par des preuves convaincantes, des marques divines en moi, qui vous convainquent de ce que je suis , et m'attirer autorité par des merveilles et des preuves que vous ne puissiez refuser ; et qu'ensuite vous croyiez sûrement les choses que je vous enseigne, quand vous n'y trouverez d'autre raison de les refuser, sinon que vous ne pouvez pas vous-mêmes connaître si elles sont ou non.

Il n'y a que trois sortes de personnes : les uns qui servent Dieu, l'ayant trouvé ; les autres qui s'emploient à le chercher, ne l'ayant pas trouvé ; les autres qui vivent sans le chercher ni l'avoir trouvé. Les premiers sont raisonnables et heureux ; les derniers sont fous et malheureux; ceux du milieu sont malheureux et raisonnables.

Les hommes prennent souvent leur imagination pour leur cœur ; et ils croient être convertis dès qu'ils pensent à se convertir.

La raison agit avec lenteur, et avec tant de vues et sur tant de principes , lesquels il faut qu'ils soient toujours présents, qu'à toute heure elle s'assoupit et s'égare, manque d'avoir tous ses principes présents. Le

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sentiment a'&gii pas ainsi; il agit en un instant, et toujours est prêt à agir. Il faut donc mettre notre foi dans les sentiments du cœur; autrement elle sera bonjours vacillante.

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