PRINCIPALES ERREURS JANSÉNISTES
« Baïus et Jansénius prétendaient que la volonté de avait été tellement affaiblie par le péché originel, l'homme que depuis cette chute elle était incapable d'éviter le mal et de îaire le bien. L'homme, suivant eux, n'avait plus qu'une liberté extérieure (libertatem a coactionej, comme s expriment les théologiens; à l'intérieur, dans les déterminations de sa volonté, il subissait l'action nécessitante, soit de la cupidité, appelée concupiscence et délectation terrestre, soit de la charité ou de la grâce qui la produit. Ils en tiraient comme conclusion que tout ce qui ne venait pas de la charité était mauvais et péché, parce que c'était le résultat de la cupidité, c'est-à-dire du mal; déplus, par charité ils entendaient la charité parfaite, l'amour de Dieu pour lui-même.
« De ce dangereux système ils concluaient plus ou moins ouvertement : — que toutes les actions des infidèles et des pécheurs étaient des péchés, parce que les infidèles et les pécheurs, privés de la grâce, ne pouvaient agir par un motif de charité parfaite; — et que toutes les actions des lidcles devaient être faites par ce même motif de charité, les autres étant blâmables et réprouvées de Dieu.
« Cette doctrine, condamnée solennellement, et à plusieurs reprises, par l'Église, l'est également par la raison et par le bon sens, qui démontrent, soit seuls, soit à l'aide de la foi, et l'existence de la liberté humaine dans ses plus intimes déterminations, et la bonté de plusieurs motifs différents de la charité parfaite, dans l'ordre naturel aussi bien que dans l'ordre surnaturel; telles sont : la beauté et l'honnêteté morales de l'acte lui-même, l'intention de faire du bien à ses frères, l'espérance de la récompense ou la crainte amouîcuse des châtiments éternels, etc.
« Pascal, imbu des faux renseignements du jansénisme, en subit évidemment l'influence, lorsqu'il dit d'une madère