‹ Œuvres choisies de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 160 sur 198 · C ALPI G I · texte numérisé non relu

C ALPI G I

O mon héros ! tes vétcmens monitiés D'algues impurs, et de limon souilles... !

XJn grand périls menacé ta vie !

TARARE, à éUm'^oix,

Au sein de U profonde mer ,

Seul dans nne barque fragile;

Aucun souffle n'agitant l'air ,

Je sillonnais l'onde tranquille.

Des avirons le monotone bruit.

An loin distingué dans la nuit,

Soudain a fait sonner l'alarme ;

J'avais ce poignard pour toute arme.

Deux cents rameurs partent du même lien :

On m'^veloppe, on se croise, on rappelle.

J'étais pris...! D'un grand coup d'épieu,

Je m'nbime avec ma nacelle ;

Et , me frayant sous les vaisseaux

Une route nouvelle et sûre,

J'arrive a terre entre deux eaux^

Dérobé par la nuit obscure.

J'entends la cloche dn beffroi.

L'appel bruyant de la trompette^

Que le fond dn golfe répèle,

a56 TARARE.

Augmente le tronble et l'effroi.

On court, on crie aux sentinelles,

Arrête , arrCte : on fond sur mot ;

Mais s'ils conraient, j'avais des ailes.

J'atteins le mur comme on éclair :

On cherche au pied; j'étais dans l'air,

Sur l'échelle sonpie et tendue

Que ton sèle avait suspendue.

Je suis sauvé, grâce à ton cœur;

Et pour payer tant de faveur, * O douleur, ô crime exécrable !

Trompé par nne aveugle erreur,

J'allais , d'une main misérable,

Assassiner mon bienfaiteur!

Pardonne, ami, ce crime involontaire.

CALT^tGI.

O mon héros ! que me dois-tu !

Sans force, hélas! sans caractère, Le faible Calpigi , de tous les vents battu ,

Serait moins que rien sur la terre , S'il n'était pas épris de ta mâle vertu!

Ne perdons point un instant salutaire; An sérail, la tranquillité Renaît avec l'obscurité.

( Il prend un paquet ddns une touffe d'arlres, ) Sous cet habit d'un no^ esclave, Cachons des guerriers le plus brave. D'homme éloquent, deviens un vil muet.

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