ACTE I , SCÈNE VlII. Sy
Madrkl , ou dans mon palais à SeViite , ou d'habiter A guas-Frescas , qui est un superbe séjour ; quelle retraite , ami , crois^tu que ma femme choisit? Le vilain x^hàteau d*Astorga , cbef-Heu d*une~ méchante terre, que j'avais achetée des parens de ce page. C'est là qu'elle a voulu passer les trois anne'es de mon ab-^ sence ; qu'elle y a mis au monde... (après neuf oïl dix mois, que saîs-je?) ce misérable en-^ f;mt, qui. porte les traits d'un perfide ! Jadis , lorsqu'on m'avait peint pour le bracelet de la Comtesse, le peintre ayant trouvé ce page fort }oU, désira d'en faire iiiiê étude ; c'est un d^ beaux tableaux de mon cabinet...
BÉGEARSS
Ouï... ( Il baisse lesyeuûP. ) à telles enseignes que voire épouse...
L B. COMTE, vivement.
Ne Tf ut jamais le regarder ? Hé bien ! sur ce portrait, j'ai fait faire celai«-ci, dans ce bracelet , pareil en tout au sien , fait par (<^ même joaillier qui monta tous ses diamans; je vais le substituer ^ la place du mien. Si eUe en garde le silence , vous sentez que ma preuve est faite. Sous quelque forme qu'elle
38 LA MÈRE. COUPABEÇ.
en parle,' une eifflîcation sévère ëdaircH ma honte à Tinstant.
BIÈÛEARSS.
SI vous demandes mon avb, monsietir, je blâme un tel projet
LE COMTS.
Pourquoi?
BéeEAILSS.
JL'honneur répugne à de pareils moyens.
Si quelque hasard, heureux ou malheureux, vous eût présente. certains faits, je vous excuserab de les approfondir. Mais tendre un piège! des surprises! £h! quel homme, un peu délicat , voudrait prendre ub tel avantage sur son plus mortel enneipi P
LE COMTE
Il est trop tard pour reculer ; ''Je bracelet est fait , le portrait du page est dedans...
BÉGBARSS prend Vécrin. •
Monsieur , au nom du véritable honneur...
x,s COMTE a enlevé le bracelet de Vécrin^
Ah ! mon cher portrait , je te tiens ! J*aurai du moins la joie d*en orner le bras de ma fille , cent fois plus digne de le porter... \ {U y tubstitue l'autre.)