‹ Œuvres choisies de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 195 sur 198 · DIVERSES. J · texte numérisé non relu

DIVERSES. J

Rose , timide , teuâre et Bonne .

Reçoit son amant dans ses bras ; Xj'amant a^ire , et ma friponne Pevient vaine de ses appas } IV'est-il ùonc qu'un bon joge an monde ^ Dit-elle en trahis8ant.l'Araour* Rose fait si bien qu'à la ronde Chaqne bomme Tadraire k son tour*

An sortir de l'Académie , Le cœur gonflé de sentiment, On maudirait sa douce amie An seul soupçon d'un autre amant-; IV'est-il pas plaisant qu'on prétend* Être aimé scnl , et le dernier , Parce qu'une femme est friande Des premiers feux dVn écolier ^

Tant de Incmes pour une belle ^

Jeune bomn>e , est bien loin de nos auBUVê %■ ■

Rose échangé, cbanges comme elle:.

Elle est Tolage. . . aimes ailleurs.

Nos dames ne sont point cruelles ;

Une obligeante urbanité

Tient lieu d'amour , et fait cbes ellct

Les honneurs de la chasteté.

D'un lien ôter l'importance :^ Jouir de tou t , voilà leur mot }

a^q POÉSIES

' Aux yenz clés femmes , la constanc*.

Est presque l'afficke d'un sot v On vous courait , on vous évite y D'un antre on a les aiens épris ; Et qu'importe que l'on nous quitta Le grand objet c'est d'être pris.

Des qu'un jeune homme s'achalande ^ , La coquette yeut l'asservir ; Pendant que la prude marchande , La galante court s'en saisir.

Au lieu d'un temple où l'Amour brille ^ Cytbère aujourd'hui n'est qu'un bois Où sans pudenr on vole , on pille Comme aux finances de nos rois.

tci ia.fermiëre opulente Défraie un galant -de la cour ; plus loin , la marquise indigente S'affuble d'^n financier lourd.

La noble vend , la riche ncliëte...

O temps ! ô mœurs! Amour n'est plos.^ Tonte femme adore en cachette Le dieu de Lampsaque ou Plutus.

Distinguons la fille ingénue De la femme au bardi maintien i L'une a tout notre sexe en vue , L'autre ignore m^me le sien ;.

DIVERSES. 3ii

L une ne rongît pas encore , L'autre ne sait plus qu'on rougit ; L'une nous peint la douce anrote j L'autre un jour ardeutqui finit:

Un goût s'éteint , tin antre peircé , Pendant qii'un troisième a son courte Joignes les paris de traverse...

T oila les femmes de nos jours.

3'en coflnais même une si tendre^ Si délicate dans ses cfaoin , Qu'elle fait scrupule de prendre Moins de quatre amans a-la-f ois i

J'en sais une antre plus sensée , Qui ne s'elTarouche de rien ; tin soir , une foule empressée Voulut déranger son maintien ; Sans étonnement , sans surprise y Slle s'adresse an cercle entier :

Messieurs ) sommes -nous dans l'église ?

Me prend-on pour un bénitier ?

Les femmes sur leur contenance Ont le plus al>solu pouvoir ; On porte au cercle une décen<:e Qu'on méprise dans le boudoir, (j'estlk qu'on donne et prend le çhang* 8ar r«iilottr et la irolnplé ;

3ia POÉSIES

La tout plaît , pourra qn'oti t'y ven§« Des enouis de rhoODétctéi

l)ah8 cet onbli de la nnturej An fort de ses galans ébats, 6i l'on voit rentrer la voiture De l'époiix qu'on n'aUendait pas, Éteignei vîto; on range, on serre.

L'une est morie , l'autre s'enfuit.

Ainsi l'on voit un xomraissair* Effrayer des tendrons la nuit.

Mats qne les fâtes sont cruelles !

Tieux époux, je plains votre sortj Si vous y icondiiisea vos belles ;.

Les confier.^, c'est pis eucor.

La poule alerte^ aisée a vivre, Perce la foule en arrivaiit e Le coq usé , qui ne peut suivre/ Cratte sa tdte eu l'attendant*

Aux cris tfat le vieux singe élëvei On la lut rend tout comme elle est; Tout comme -elle est il l'enlève Aux vœux ardens de vingt plumets/ Plus ravissante qu'Apbrodise, Traînant tout le bol après soi, Lui coiffé comme on peint M oiÛM Chargé des Ubles d« la loi.

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