‹ Œuvres choisies de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 196 sur 198 · DIVERSES. M · texte numérisé non relu

DIVERSES. M

Vojes cette dévote «itti^re ,

An teint pâle^ au front sourciHenz,' ,

Dëcbirer la nature entière

D'un ton huBibletnént orgueilleux;

Bien est-il vrai que plus parfaite,

Fuyant le monde et ses attraits ,

Elle ne brûle, en sa retraite,

Que pour Dieu seul.c. el son laqnûs.

Du même désir animées De tromper amans et maris^ Deux belles s'étaient tant aiméei^ X^u'on les citaiit dans tout Paris :

'Vn fat survient : elles s'abhorrent; L'intérêt rompt ce qu'il a joint.

Ma foi , deux belles qui s'adorent, Tout bien compté, ne s'aiment point.

Ghes une ducbesseen colère, L'autre soir un mauvais plaisant Disait d'une voix de faux frère :

L'auteur est nn grand médisant.

Médisant, lui ? c'est cent fois pire* Pensea-vous qu'un tel cbansonniec Se fût contenté de médire , S'il eût pu vous calomnier }

Point de belles que Von n'acquik»

Ou par d« l'or ou p^r des soins}

3i< POÉSIES

La moincirê ou là meilleure affaire Coûte toujours; c'est plus, c'est môÎDt :

Et quant aux mœurs, la difTércnce Des filles aux femmes d'honneur , Est celle qu'on remarque en France Entre Tartiste et Tamateur.

Oh ! SI chacune Osait écrire

Les bons tours qu'elle se permet 3

Quel plaisir on aurait a lire

Cet ouvrage utile et follet!

On y verrait du gai, du leftte ;

Pour du sentiment, serviteur 1

Car la femme la plus modeste

PS 'est qu'un vrai page au fond dn emat.

Vous chang:eries bien de syslème , Me dit un Céladon d'amant, Si ]e nommais celle c[ne j'aime...

Ah! c'est une fime, un sentiment!

C'est la vertu la plus auguste...

Je reconnais son pavillon :

La friponne s'est peinte en buste>; Tu n'as vu que son médaillon.

Vous, jenne homme que je conseille^ Gardes-irous bien de me citer; Ce que je vous dis a l'oKillo Ne doit juniftis êé répéter.

DIVERSES. 3iS

Retenes ce bon mot d'an sage , Des mœurs il est le çraod secret t Toute femme taut un hommage, Bien peu éont dignes d'un regret;

Pour égayer ma poésie , Au hasard j'assemble des traits ; J'en fais, peintre de fant^^ie, Des tableaux , jamais des portraits^ La femme d'esprit qui s'en mo^6 Sourit finement à l'auteur; Pour rimprudente qui s'en choque^ Sa colère est son délateur.

Sexe charmant, si jedécèla -Votre cœur en proie au désir.

Souvent à l'amour infidèle, Mais toujours fidèle au plaisir, D'un badinage , ô mes déesses !

Ne cherches point a vous venger t Tel glose , hélas! sur vos faiblesses ^ Qui brûle de les partager!

Fin DES POÉSIES DXTSRSSS.'

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