‹ Œuvres choisies de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 58 sur 198 · ACTE UI, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE UI, SCÈNE II

LA CQMTESSE4

Parles, mon généreux arai : vous à qui je dois tout, parlez.

9É6BARSS- Votre époux, cherchant un moyen de garantir sa Florestine de cet amour qu*il croit incestueux , m'a proposé de Tépouser ; mais , indépendamment du sentiment profond et malheureux que mon respect pour yos douleurs...

LACOMTESSE, douloureusement.

Ah ! mon ami ! par compassion pour moi...

BÉGEARSS

N'en parlons plus. Quelques mots d'établis^ setnent , tournés d'une manière- équivoque , , ont fait penser à Florestine qu'il était question de Léon. Son jeune cœur s'en épanouissait, quand un valet vous annonça. Sans m'expHquer depuis sur les vues de son père; un mot de moi , la ramenant aux sévères idées de la fraternité , a produit cet orage , et la religieuse horreur dont votre fils ni vous ne pénétrîex le motif.

Ï.A COMTESSE

Il en était bien loin , le pauvre enfant!

BÉGBAB.SS.

Maintenant qu'il vous est connu., devonsnous suivre ce projet dVne union qui répare '

tout... ?

LA COMTES SB y Wvcmeiif.

Il faut s'y tenir, mon ami; mon cœur et mon esprit sont d!accord sur ce point , et c'est à moi de la déterminer. Par-là, nos secrets sont couverts ; nul étranger ne les pénétrera. Après vingt années de souffrances nous passerons des jours heureux, et c'est à vous, mon digne ami, que ma famille les devra.

BÉGEARSS, élevant le ton.

Pour que rien ne les trouble plus , il faut . encore un sacrifice, et mon amie est digne de le faire.

LA COMTESSE

Hélas ! je veux les (aire tous.

BÉGEARSS, l*aiT imposant.

Ces lettres, ces papiers d'un infortuné qui n'est plus, il faudra les réduire en cendres.^ LA COMTESSE, avec douleur»

Ah, Dieu!

BÉGEARSS

Quand cet ami mourant me chargea de vous les remettre , son dernier ordre fut qu'il

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