‹ Œuvres choisies de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 87 sur 198 · I.E COMTE , lit · texte numérisé non relu

I.E COMTE , lit

« Si ]a mort d*un infortuné vous inspirait « un reste de pitié; parmi les noms qu^on va •( donner a ce fils, héritier d*un autre... » LA COMTESSE , priant.

Accepte Thorreur que j'éprouve , en expia' tion de ma faute !

LE COMTE, lit,

« Puis-jè espérer que le nom de Léon... »

(H parle. ) Et ce fils s'appelle Léon ! . i.A Comtesse, égarée , les yeux fermés.

Ob , Dieu ! mon crime fut bien g^and, s'il égala ma punition I Que ta volonté s'accomplisse !

LE COMTE I plus fort.

Et , couverte de cet opprobre , vous oses fne demander compte de mon éloignement pour lui ? '

LA COMTESSE, priant toujours.

N Qui suis-je, pour m'y opposer^» lorsque ton bras s'appesantit?

i3a LA MÈRE COUPABLE.

LE COMTE

Et , lorsque tous plaides pour l'enfant de ce malhedreux , vous avez au bras mon portrait!

LA. GOilTESSE en le détachant le regarde.

Monsieur ^ monsieur , je le rendrai ; Je saià que je n*en suis pas digne. ( Dans le plus grand égarement,) Ciel ! que m'arrîve-t-il ? Ah ! )e perds la raison ! Ma conscience troublée fait naître des fantômes ! — Réprobation anticipée... 1 Je vois ce qui n'existe pas^. Ce n*est plus vous ; c'est lui qui me fait signe de le suivre , d'aller le rejoindre au tombeau !

LE COMTE, effrayé.

Comment? Hë bien ! Non , ce n'est pas...

LA COMTESSE, en délire.

Ombre terrible ! éloigne-toi !

L E C M T E crie avec douleur.

Ce n'est pas ce que vous croyez !

LA COMTESSE jette le bracelet par terre.

Attends... Oui, je t'obéîrai...

LE c o M T E f plus troublé.

Madame y écoutet-moi...

LA COMTESSE

J'irai... Je t'obéis... je meurs... ( Elle reste évanouie, )

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