‹ Œuvres choisies de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 13 sur 165 · ACTE I , SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I , SCENE IV

BAaTHOLO.

Que son Excellence a rendue nécessaire?

HAaCELIMX.

Pas tout-4-fait ; mais dont son Excellence ▼oudraît égayer en secret rérènemelit avee Tépousée.^

BAATHOLO.

De monsieur Figaro? C'est nn marché «|u'on peut conclure avec lui*

HAKCEIINE.

Basile assure que noii.

BARTHOLO

Cet autre maraud loge ici ? C*est une caverne ! Et qu'y fait-il ?

M AaCE LIN B.

Tout le mal dont il est capable. Mais le pis que j'y trouve est cette ennuyeus<^*)passion qu'il â pour moi depuis si long-temps.

BARTHOLO

Je me serais débarrassée vingt fois de sa poursuite.

MARCELINE

De quelle manière ?

BARTHOLO

En l'épousant.

8o LE MAmAGE DE FIGARO.

MARCELINE

Railleur fade et cruel ! que ne vous débarrassez-vous de la mienne à ce prix ? Ne le devez-vous pas ? Où est le souvenir de vos engagemensf qu*est devenu celui de notre petit Emmanuel , ce fruit d'un amour oublié , qui devait nous conduire à des noces ?

BARTHOLO, ôtant son chapeau»

Est-ce pour écouter ces Sornettes cjue vous m^avez fait venir de Séville P et cet accès d*bymen qui vous reprend si vif...

MARCELINE

Hé bien ! n'en parlons plus. Mais si rien n'a pu vous porter à la justice de m'épouser , aidez-moi donc du moins à en épouser un autre.

BARTHOLO

Ah ! volontiers : parlons. Mais quel mortel abandonné du ciel et des femmes... ?

MARCELINE

Eh ! qui pourrait-ce être , docteur , sinon le beau , le gai , Taimable Figaro ?

BARTHOLO

Ce fripon-là ?

MARCELINE

Jamais fâché, toujours en belle humeur;

. ACTE I , SCÈNE IV. 8i

donnant ]e présent à la joîe , et s*inqiiîe'tant de Tavenir tout aussi peu que du passé ; sémillant, générei^x ! généreux...

Comme un voleur. , ?

M ii,K.C Elrl N £.

Comme un seigneur. Charmant enfin ; mais c*est le plus grand monstre !

BAETHOLO.

Et sa Suzianne ?

MARCELINE

Elle ne Taurait pas , la rusée , si vous vouliez m^aider , mon petit docteur , à faire valoir un engagement que >*ai de lui.

3AILTHOLO.

Le jour de son mariage ?

MARCELINE

.On en- rompt de pkis avancés; et si je:

ne craignais d'éventer un petit secret des femmes.... y

BARTHOLO

£0 ont-elles pour le médecin du corps ?

MARCELINE.-

Ah ! vous savez que je n'en ai pas pour vous ! Mon sexe est ardent , mais -timide ; un certain charme a beau nous attirer vers le

S'a LE MARIAGE DE nGARO.

plaisir , \à plus aventurée sent en elle une voix qui lui dit : Sois belle si tu peux , sage si tu veux ; mais sois considérée ^ il le faut. Or , puisqu*il faut être au moins considérée , que toute femme en sent Timporlance , effrayons d'abord Suzanne sur la divulgation des offres qu*on lui fait.

BÀRTHOLO.

Où cela mènera-t-il ?

MARCELINE

Que la bonté la prenant au collet ^ elle continuera de refuser le comte , lequel , pour se venger , appuiera l'opposition que' j*ai faite à son mariage : alors le mien devient certain.

BARTHOL'O.

Elle a raison. Parbleu l c'est un bon tour que de faire épouser ma vieille gouvernante au coquin qui fit enlever ma jeune maîtresse. KAKCELiJSZ, vite.

Et qui croit ajouter à ics plaisirs ,.en trompant mes espérances.

BA&THO]:.Oy vtte.

Et qui m'a vcolé, dans le temps, cent écus que )'ai sur le cosur.

StAaCSLINS.

Ab ! quelle volupté !...

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