Acte ï, scène x
iiE GO SITE insiste.
Je le veux.
CHÉRUBIN
J'obëis.
LE COMTE
Saluez votre marraine, et demandez sapror-^ tection. ( Chérubin met un ^enou en terre d^ ^ant la comtesse » et ne peut parler, ) hK C091TESSE, ém^e.
Puisqu'on ne peut vous garder seulement 9U jourd^bui , partez , jeune homme. Un nouvel état vous appelle ; allez le remplir dignement. Honorez votre bienfaiteur. Souvene^^ Vous de cette maison , où votre jeunesse a trouve tant d'indulgence. Soyez soumis, bon* pèXp çt brave , iipus prendrons part à vos succès. ( Chérubin se relève , et retourne à S9 place.)
LE COMTE
Vous êtes bien émue , madame !
LA COMTESSE
Je ne m'en défends pas. Qui sait le sort d!ua enfant jeté daqs une carrière aussi dange-r«use! Il est aUié 4e mes pareps ; et de plu* il est mon ûUeul>
ïo8 LE MARIAGE DE FIGARO.
LE COM.TE y à part.
Je vois que Bazile avait raison. ( Haut, ) Jeune homme ^ embrassez Suzanne... pour la dernière fois.
FIGARO
Pourquoi cela , Monseigneur ? II viendra passer ses hivers. Baise-moi donc aussi , capitaine ! ( Il l* embrasse. ) Adieu , mon petit Chérubin. Tu vas mener un train de vie bien difTërent , mon enfant : dame ! tu ne roderas plus tout le jonr au quartier des femmes j plus d^échaudés , de goûtés à la crème ; plus de mains chaudes , de colin - maillard. De bons soldats , morbleu ! basanés , mal vêtus ; un grand fusil bien lourd ; tourne à droite *, tourne à gauche , en avant , marche à la gloire ; et ne va pas broncher en chemin 9 'à moins qu*un bon coup de feu...
SUZANNE
Fi donc , l'horreur !
Quel pronostic !
L^ COMTE
Où donc est Marceline ? Il est bien singulier qu'elle ne soit pas des vôtres i
ACTJE I, SCÈNE X. 109
FANCHETTE
Monseigneur , elle a pris le chemin dû bourg , par le petit aientier de la ferme...
LE COMTE
Et elle en reviendra ?
BAZIIE.
Quand il plaira à Dieu.
FIGARO
S*il lui plaisait qu'ilne lui |>lût jamais...
FAHGHBTTÉ.
Monsieur le docteur hii donnait le bras.
' aLX COMTE I vivement.
Le docteur e<t ici ?
BAZILE
Elle s'en est>d*a]bord emparée...
LE COMTE, à part.
Il ne pouvait venir plus h propos.
FANCHETTE
Elle avait Tair bien^^bauffé; elle parlait tout haut en marchant , pois elle s'arrêtait et faisait comme, çà , de grands bras... et mon> sieur le docteur lui faisait comme çà , de la main | en Tapaisant : elle paraissait si cour" roucée ! Elle n9ipmait mon cousin Figaro.
LE COMTE lui prend le menton.
Cousin... futur.
,^o LE MARIAGE DE FIGARO.
FANCHETTE, montrant Chérubin.
Monseigneur , nous ave.-vous pardonné
d'hier...?
LE COMTE interrompt»
Bonjour , bonjour , petite.
FIGARO
C'est son chien 4'amour ^ui la berce ; eUe aurait troublé notre fêle.
LE COTAT Vit. à part.
EUe la troublera, ie t'en wîponds. (flou*.) Allons , madame , entrons. BatUe, vous pas-
serez chex moi.
SUZAWKB, àfigaro.
Tu me rejoindras , mon fils ?
FIGARO, bas,àSuzanne.
Esl-il bien enfilé ?
Ckarmant garçon 1 X ^^ '<^'*«^ ^^^V '