‹ Œuvres choisies de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 28 sur 165 · Acte ï, scène x · texte numérisé non relu

Acte ï, scène x

iiE GO SITE insiste.

Je le veux.

CHÉRUBIN

J'obëis.

LE COMTE

Saluez votre marraine, et demandez sapror-^ tection. ( Chérubin met un ^enou en terre d^ ^ant la comtesse » et ne peut parler, ) hK C091TESSE, ém^e.

Puisqu'on ne peut vous garder seulement 9U jourd^bui , partez , jeune homme. Un nouvel état vous appelle ; allez le remplir dignement. Honorez votre bienfaiteur. Souvene^^ Vous de cette maison , où votre jeunesse a trouve tant d'indulgence. Soyez soumis, bon* pèXp çt brave , iipus prendrons part à vos succès. ( Chérubin se relève , et retourne à S9 place.)

LE COMTE

Vous êtes bien émue , madame !

LA COMTESSE

Je ne m'en défends pas. Qui sait le sort d!ua enfant jeté daqs une carrière aussi dange-r«use! Il est aUié 4e mes pareps ; et de plu* il est mon ûUeul>

ïo8 LE MARIAGE DE FIGARO.

LE COM.TE y à part.

Je vois que Bazile avait raison. ( Haut, ) Jeune homme ^ embrassez Suzanne... pour la dernière fois.

FIGARO

Pourquoi cela , Monseigneur ? II viendra passer ses hivers. Baise-moi donc aussi , capitaine ! ( Il l* embrasse. ) Adieu , mon petit Chérubin. Tu vas mener un train de vie bien difTërent , mon enfant : dame ! tu ne roderas plus tout le jonr au quartier des femmes j plus d^échaudés , de goûtés à la crème ; plus de mains chaudes , de colin - maillard. De bons soldats , morbleu ! basanés , mal vêtus ; un grand fusil bien lourd ; tourne à droite *, tourne à gauche , en avant , marche à la gloire ; et ne va pas broncher en chemin 9 'à moins qu*un bon coup de feu...

SUZANNE

Fi donc , l'horreur !

Quel pronostic !

L^ COMTE

Où donc est Marceline ? Il est bien singulier qu'elle ne soit pas des vôtres i

ACTJE I, SCÈNE X. 109

FANCHETTE

Monseigneur , elle a pris le chemin dû bourg , par le petit aientier de la ferme...

LE COMTE

Et elle en reviendra ?

BAZIIE.

Quand il plaira à Dieu.

FIGARO

S*il lui plaisait qu'ilne lui |>lût jamais...

FAHGHBTTÉ.

Monsieur le docteur hii donnait le bras.

' aLX COMTE I vivement.

Le docteur e<t ici ?

BAZILE

Elle s'en est>d*a]bord emparée...

LE COMTE, à part.

Il ne pouvait venir plus h propos.

FANCHETTE

Elle avait Tair bien^^bauffé; elle parlait tout haut en marchant , pois elle s'arrêtait et faisait comme, çà , de grands bras... et mon> sieur le docteur lui faisait comme çà , de la main | en Tapaisant : elle paraissait si cour" roucée ! Elle n9ipmait mon cousin Figaro.

LE COMTE lui prend le menton.

Cousin... futur.

,^o LE MARIAGE DE FIGARO.

FANCHETTE, montrant Chérubin.

Monseigneur , nous ave.-vous pardonné

d'hier...?

LE COMTE interrompt»

Bonjour , bonjour , petite.

FIGARO

C'est son chien 4'amour ^ui la berce ; eUe aurait troublé notre fêle.

LE COTAT Vit. à part.

EUe la troublera, ie t'en wîponds. (flou*.) Allons , madame , entrons. BatUe, vous pas-

serez chex moi.

SUZAWKB, àfigaro.

Tu me rejoindras , mon fils ?

FIGARO, bas,àSuzanne.

Esl-il bien enfilé ?

Ckarmant garçon 1 X ^^ '<^'*«^ ^^^V '

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