ACTE IV, SCÈNE VI. tij
LE COMTE
Ma sttor me mande qu'une affaire d'honneur-vous force à le déguiser ici.
SIR CHARtES.
Contre mon colonel. Il me poursuit; mais TOUS jugez à ce qui m*arrive quel homme est cet adversaire.
Lt COUTE*
Cela est horrible ! nous en parlerons demain. Vous ne me quitterez pas de la nuit , crainte d'accident : je vous ferai donner un lit chez moi. J'ëprouve pourtant un singulier embarras à votre sujet.
SIR CHARLES
Ordonnez de moi, je vous prie.
La circonstance m'oblige à vous faire un
aveu. Je suis attendu dans cette maison pour
une explication secrète : j'y venais à pied ,
lorsque j'ai eu le bonheur de vous être utile.
SIR CHARLES, souHant.
Ne perdez pas avec moi un temps pre'cieux.
LE COMTE
Non ; ce n'est pas ce que vous pensez sûrement. Mais vous savez que les mariages d'intérêt rompent souvent des liaisons agréables :
i48 EUGÉNIE.
c*est précisëment mon histoire. Une fille charmante qui s*e*t donnée à moi, et que faime à la folie f loge ici depuis quelques jours a^ec sa famille ; elle a eu vent de mon mariage , on m*a écrit ce soir : )e viens... asses embarrassé , je Tavoue.
6IR CHARLES
C*est une grisette, sans doute?
LE COMTE
Ah ! rien moins ! Voilà ce qui m*afïlige et qui m*embarrasse. J*ai même un soupçon que oeci pourra bien avoir un jour des suites... Il y a un frère... Mais je crois entendre le signal convenu. SoufTrez que je vous laisse un moment au jardin : vous voyez jusqu*oii va déjà ma confiance en votre amitié. ( Le Comte le \aène au jardin , revient et ferme la porte après lui,)