ACTE V, SCÈNE IX
6kalêur.) M^isy cruelle! quand le ciel et la terre déposent contre mon indignité , aucun murmure ne se fait>il entendre dans ton sein ? et Tètre infortuné qui te devra bientôt le jour n*a-t-il pas des droits plus sacrés que ta résolution? C'est pour lui que j'élève une voix coupable : lui raviras-tu , par une double cruauté , l'état qui lui est dû ? et l'amour outragé ne cédera-t'il pas au cri de la nature ? ( En s'adressant à tous, } Barbares ! si vous ne TOUS rendez pas ât ces raisons, vous êtes tous, s'il se peut, plus inbumains, plus féroces, que le monstre qui a pu outrager sa vertu , et qui meurt de douleur à vos pieds. ( Il tombe atao genoux du Baron, ) Mon père 1 LE BARON, 2e releifant , lui serre les mains , et après un moment de silence.
Je vous la donne.
LE COMTE s'écrie,
Eugénie !
LE BARON, d Eugénie,
Rendons-nous, ma fille; celui qui se repent de bonne foi , est plus loin du mal que celui qui ne le connut jamais. {Eugénie regarde . son péret laisse tomber sa main dans celle du
i%2 EUGENIE.
Comte, et va parler» Le Comte lui coupe lapa" rôle. )
LE COMTE, par exclamation.
Elle me pardonne !
. EUGÉNIE, après un soupir.
Va ! tu mérites de vaincre , ta grâce est dans mori sein; et le père d'un enfant si désiré ne peut jamais m*étre odieux. Ah , mon frère !
ah, ma tante! la vue du contentement que je fais naître en vous tous me remplit de joie à mon tour. ( Madame Murer l'embrasse ovec joie, )
LE COMTE, transporté,
Eugénie me pardonne ; ah ! la mienne est extrême : cet événement va nous rendre tous aussi heureux que vous êtes dignes de Tétrc , et que j*ai peu mérité de le devenir.
SIR CHAELBS,aa Comte.
Généreux ami ! que d^éloges nous vous devons!
LE COMTE
Je rougirais de moi , sije n*avais aspiré qu'à les obtenir ; le bonheur avec Eugénie , la paix avec moi-même, et Testime des honnêtes gens : voilà le seul but auquel j'ose prétendr««