Epist. ad Faust., tom. I Conc. Gall., p
5. Ep. Syn. Epis<:. Gall., apud Léon., Conc Araus. n, Pracf., tom. I Conc, Gai., pag. '216, Bonif. II ep. ad Cœsar. Arel., ib., pag. 223 ; Conc. Vas. n, can. 3, 4, 5, ib., pag. 226, 227 ; Conc Aurcl. ut, can. 3, 26, ib., p. 248, 255.
de l'église. 50r
d'abord la. protection qui leur étoil envoyée da ciel ; et ressentant dans nos rois je ne sais quoi de plus filial que dans les autres, que ne dirent-ils point alors, comme par un secret pressentiment, à la louange de leurs protecteurs futurs! Anastase II, du temp? de Clovis, croit voir dans le royaume de France nouvellement converti a une colonne de fer que Dieu élevoit pour le soutien de sa sainte Église, pendant que la charité se refroidissoit partout ailleurs1. » Pelage II se promet des descendants de Clovis, comme des voisins charitables de l'Italie et de Rome, la même protection pour le saint-siége qu'il avoit toujours reçue des empereurs2 : et saint Grégoire, le plus saint de tous, enchérit aussi sur ses saints prédécesseurs, lorsque, touché de la foi et du zèle de ces rois, il les met « autant au-dessus des autres souverains, que les souverains sont au-dessus des particuliers3. »
Leur foi croissoit en effet avec leur empire; et, selon la prédiction de tant de saints, l'Église s'étendoit par les rois de France. L'Angleterre le sait, et le moine saint Augustin son premier apôtre. Saint Boniface, l'apôtre de la Germanie, et les autres" apôtres du Nord ne reçurent pas un moindre secours de la France; et Dieu montroit dès lors, par des signes manifestes, ce que les siècles suivants ont confirmé, qu'il vouloit que les conquêtes des François étendissent celles de l'Église.
Les enfants de Clovis ne marchèrent pas dans les voies que saint Rémi leur avoit marquées : Dieu les rejeta de devant sa face; mais il ne retira pas ses miséricordes de dessus le royaume de France. Une seconde race fut élevée sur le trône; Dieu s'en mêla, et le zèle de la religion s'accrut par ce changement : témoin tant de papes réfugiés, protégés, rétablis, et comblés de biens sous cette race. Les papes et toute l'Église bénirent Pépin, qui en étoit le chef4; les bénédictions de saint Rémi passèrent à lui : de lui sortit cet empereur, père d'empereurs, que ce saint évoque semble avoir vu; et Charlemagne régna pour le bien de toute l'Église. Vaillant, savant, modéré, guerrier sans ambition, et exemplaire dans sa vie, je le veux bien dire en passant, malgré les reproches des siècles ignorants, ses conquêtes prodigieuses furent la dilatation du règne de Dieu, et il se montra très-chrétien dans toutes ses œuvres. Il fit revivre les anciens canons; les conciles longtemps négligés furent rétablis5, et la discipline revint avec eux. Si ce grand prince rétablit les lettres, ce fut pour mieux faire entendre les saintes Écritures et l'ancienne tradition par ce secours. L'Église romaine fut consultée dans les affaires douteuses, et ses réponses reçues avec révérence furent des lois inviolables *. Il eut tant d'amour pour elle, que le principal article de son testament fut de recommander à