Etienne, évêque de Clermont
3. Ibid., col. 908. — 4. Joan. VIII, epist. lxxx, tom. IX Conc. col. &k
de l'église. 521
sance lorsqu'elle l'a fait consister principalement à tenir toute créature abaissée sous l'autorité des canons sans jamais s'éloigner de ceux oui sont les fondements de la discipline ; et qu'heureuse de dispenser les trésors du ciel, elle ne songeoit pas à disposer des choses inférieures que Dieu n'avoit pas mises en sa main !
Dans cet état glorieux où vous parolt l'Église romaine, et les rois et les royaumes sont trop heureux d'avoir à lui obéir. Quel aveuglement quand des royaumes chétiens ont cru s'affranchir en secouant, disoient-ils, le joug de Rome, qu'ils appeloient un joug étranger! comme si l'Église avoit cessé d'être universelle ; ou que le lien commun qui fait de tant de royaumes un seul royaume de Jésus- Christ, pût devenir étranger h des chrétiens. Quelle erreur, quand des rois ont cru se rendre plus indépendants en se rendant maîtres de la religion! au lieu que la religion, dont l'autorité rend leur majesté inviolable, ne peut être pour leur propre bien trop indépendante, et que la grandeur des rois est d'être si grands qu'ils ne puissent, non plus que Dieu dont ils sont l'image, se nuire à eux-mêmes, ni par conséquent à la religion qui est l'appui de leur trône. Dieu préserve nos rois très-chrétiens de prétendre à l'empire des choses sacrées, et qu'il ne leur vienne jamais une si détestable envie de régner ! Ils n'y ont jamais pensé. Invincibles envers toute autre puissance, et toujours humbles devant le saint-siége, ils savent en quoi consiste la véritable valeur. Ces princes, également religieux et magnanimes, n'ont pas moins méprisé que détesté les extrémités auxquelles on ne se laisse emporter que par désespoir et par foiblesse.
L'Eglise de France est zélée pour ses libertés ' : elle a raison ; puisque le grand concile d'Éphèse nous apprend 2 que ces libertés particulières des Églises sont un des fruits de la rédemption, par laquelle Jésus-Christ nous a affranchis : et il est certain qu'en matière de religion et de conscience, des libertés modérées entretiennent l'ordre de l'Église, et y affermissent la paix. Mais nos pères nous ont appris à soutenir ces libertés sans manquer au respect; et loin d'en vouloir manquer, nous croyons au contraire que le respect inviolable que nous conserverons pour le saint-siége nous sauvera des blessures qu'on voudrait nous faire sous un nom qui nous est si cher et si vénérable.
Sainte Église romaine, mère des Eglises et mère de tous les fidèles, Église choisie de Dieu pour unir ses enfants dans la même foi et dans la même charité, nous tiendrons toujours à ton unité par le fond de nos entrailles. « Si je t'oublie, Église romaine, puissé-je m'oublier moi-même! que ma langue se sèche et demeure immobile dans ma bouche, si tu n'es pas toujours la première dans mon souvenir, si je ne te mets pas au commencement de tous mes cantiques de réjouissance : » a Adhaereat lingua mea faucibus meis, si non me- «c minerotui, si non proposuero Jérusalem in principio lsetitia? me» ' 1»