Conc. Bilur., cap. De elect., tora. XI, Conc. col
2. Conc. Ephes., Àct. vu, tom. III, Conc. col. 801. —3. Ps. cxxxvi, 6.
Mais vous, qui nous écoutez; puisque vous nous voyez marcher sur les pas de nos ancêtres, que reste-t-il, Chrétiens, sinon qu'unis à notre assemblée avec une fidèle correspondance, vous nous aidiez de vos vœux? « Souvent, dit un ancien Père ', les lumières de ceux qui enseignent viennent des prières de ceux qui écoutent : » a Hoc aca cipit doctor quod meretur auditor. » Tout ce qui se fait de bien dans l'Église, et même par les pasteurs, se fait, dit saint Augustin J, par les secrets gémissements de ces colombes innocentes qui sont répandues par toute la terre.
Ames simples, âmes cachées aux yeux des hommes, et cachées principalement à vos propres yeux, mais qui connoissez Dieu 3t que Dieu connoît; où êtes-vous dans cet auditoire, afin que je vous adresse ma parole? Mais sans qu'il soit besoin que je vous connoisse, ce Dieu qui vous connoît, qui habite en vous, saura bien porter mes paroles, qui sont les siennes, dans votre cœur. Je vous parle donc sans vous connoître, âmes dégoûtées du siècle. Ah! comment avez-vous pu en éviter la contagion? comment est-ce que cette face extérieure du monde ne vous a pas éblouies? quelle grâce vous a préservées de la vanité, de la vanité que nous voyons si universellement régner? Personne ne se connolt ; on ne connoît plus personne : les marques des conditions sont confondues, on se détruit pour se parer ; on s'épuise à dorer un édifice dont les fondements sont écroulés, et on appelle se soutenir que d'achever de se perdre. Ames humbles, âmes innocentes, que la grâce a désabusées de cette erreur et de toutes les illusions du siècle, c'est vous dont je demande les prières: en reconnoissance du don de Dieu dont le sceau est en vous, priez sans relâche pour son Église; priez, fondez en larmes devant le Seigneur. Priez, justes; mais priez, pécheurs : prions tous ensemble ; car si Dieu exauce les uns pour leur mérite, il exauce aussi les autres pour leur pénitence : c'est un commencement de conversion que de prier pour l'Église.
Priez donc tous ensemble, encore une fois, que ce qui doit finir finisse bientôt. Tremblez à l'ombre même de la division : songez au malheur des peuples qui ayant rompu l'unité se rompent en tant de morceaux, et ne voient dans leur religion que la confusion de l'enfer et l'horreur de la mort. Ah ! prenons garde que ce mal ne gagne. Déjà nous ne voyons que trop parmi nous de ces esprits libertins, qui sans savoir ni la religion, ni ses fondements, ni ses origines, ni sa suite, a blasphèment ce qu'ils ignorent, et se corrompent dans ce qu'ils savent : nuées sans eau, » poursuit l'apôtre saint Jude3, docteurs sans doctrine, qui pour toute autorité ont leur hardiesse, et pour toute science leurs décisions précipitées : a arbres deux fois morts et déracinés,» morts premièrement parée qu'ils ont perdu la charité, mais doublement morts parce qu'ils ont encore perdu la foi; et entièrement déracinés, puisque, déchus de l'une et de l'autre, ils ne tiennent à