PANÉGYRIQUE DE L'APOTRE SAINT PAUL
Comment le grand apôtre dans ses prédications, dans ses combats, dans le gouvernement ecclésiastique est-il toujours foible , et triomphe-t-il de tous les obstacles par ses foiblesses mêmes.
Placeo mihi, infirmitatibus meis, cum enim infirmor, tune potens
sum.
Je ne me plais que aans mes foiblesses : car lorsque je me sens foible, c'est alors que je suis puissant. (2 Cor., xn. 10.)
Dans le dessein que je me propose de faire aujourd'hui le panégyrique du plus illustre des prédicateurs, et du plus zélé des apôtres, je ne puis vous dissimuler que je me sens moi-même étonné de la grandeur de mon entreprise. Quand je rappelle à mon souvenir tant de peuples que Paul a conquis, tant de travaux qu'il a surmontés, tant de mystères qu'il a découverts, tant d'exemples qu'il nous a laissés d'une charité consommée, ce sujet me paroît si vaste, si relevé, si majestueux, que mon esprit se trouvant surpris, ne sait ni où s'arrêter dans cette étendue, ni que tenter dans cette hauteur, ni que choi sir dans cette abondance; et j'ose bien me persuader qu'un ange même» ne suffiroit pas pour louer cet homme du troisième ciel.
Mais ce qui m'étonne le plus, c'est que cet amour mêlé de respect que je sens pour le divin Paul, et duquel j'espérois de nouvelles forces dans un ouvrage qui tend à sa gloire, s'est tourné ici contre moi,