‹ Œuvres choisies de Bossuet (volume 2)Chapitre 91 sur 171 · Ps. XXXVI · texte numérisé non relu

Ps. XXXVI

6. S. Aug., in Ps. xxxvi, Serin. 1, n. 10, tom. IV, col. 263.

7. In Joan., tract, ci', n. 6, tom. III, part, n, col. 753. — 8. Joan. xn, 45.

qui nous poursuit : « Fugere a ventura ira1. » « Car déjà Ja cognée est mise à la racine des arbres : » « Jam enim securis ad radicem ara borum posita est2. » « Qu'on jette, s'écrie-t-il, ce serviteur inutile dans les ténèbres extérieures : » « Inutilem servum ejicite in tenebras « exteriores3. » 0 paroles terribles ! « Irritam quis faciens ïegem Moysi, « sine ulla miseratione duobus vel tribus testibus moritur : quanto « magis putatis détériora mereri supplicia, qui Filium Dei coneulca- « verit, et sanguinem testamenti pollutum duxerit in quo sanctificatus « est, et Spiritwi gratise contumeliam fecerit4 : » « Celui qui a violé la loi de Moïse est condamné à mort sans miséricorde, sur la déposition de deux ou trois témoins : combien donc croyez-vous que celui-là sera jugé digne d'un plus grand supplice, qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour une chose vile et profane le sang de l'alliance par lequel il avoit été sanctifié, et qui aura fait outrage à l'Esprit de grâce?» Pour éviter toutes ces menaces, mes Frères, écoutons le Sauveur Jésus, croyons humblement ce qu'il enseigne, suivons fidèlement ce qu'il commande, et nous aurons infailliblement ce qu'il promet, la félicité éternelle. Amen.

SERMON POUR LE MARDI DE LA IIe SEMAINE

DE CARÊME *

Omnia opéra sua faciunt ut videantur ab hominibus.

Us font toutes leurs œuvres dans le dessein d'être vus des hommes (Matth. , xxiii, 5.)

Je me suis souvent étonné comment les hommes, qui présument tant de la bonté de leurs jugements, se rendent si forts dépendants de l'opinion des autres, qu'ils s'y laissent souvent emporter contre leurs propres pensées. Nous sommes tellement jaloux de l'avantage de bien juger, que nous ne le voulons céder à personne ; et cependant, Chrétiens, nous donnons tant à l'opinion , et nous avons tant d'égards à ce que pensent les autres, qu'il semble quelquefois que nous ayons honte de suivre notre jugement, auquel nous avons néanmoins tant de confiance. C'est la tyrannie de l'honneur qui nous cause cette servitude. L'honneur nous fait les captifs de ceux dont nous voulons être honorés. C'est pourquoi nous sommes contraints de céder beaucoup de choses à leurs opinions; et souvent de grands politiques et des capi-

i. Matth. m, 7. — 2. Matth. in, 10. — 3. Ibid., xxv, 30.

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