‹ Œuvres choisies de Bossuet (volume 3)Chapitre 177 sur 221 · Gai. m, 1. " 3. Béb* xn, ii><. — 3. ïbïû · texte numérisé non relu

Gai. m, 1. " 3. Béb* xn, ii><. — 3. ïbïû

Le grand objet, Chrétiens, qui s'y présente d'abord à la vue, c'est le supplice de trois hommes. Voici un mystère admirable : « Nous voyons, dit saint Augustin', trois hommes attachés à la croix; un qui donne le salut, un qui le reçoit, un qui le perd : » « Très erant in a. cruce : unus salvator, alius salvandus, alius damnandus. d Au milieu l'auteur de la grâce : d'un côté un qui en profite, de l'autre côté un qui la rejette. Au milieu le modèle et l'original : d'un côté un imitateur fidèle, et de l'autre un rebelle et un adversaire sacrilège. D'un côté un qui endure avec soumission, de l'autre un qui se révolte jusque sous la verge. Un juste, un pécheur pénitent, et un pécheur endurci: un juste soufi're volontairement, et il mérite par ses souffrances le salut de tous les coupables; un pécheur souffre avec soumission et se convertit, et il reçoit sur la croix l'assurance du paradis; un pécheur souffre comme un rebelle, et il commence son enfer dès cette vie. Discernement terrible et diversité surprenante ! Tous deux sont en la croix avec Jésus-Christ, tous deux compagnons de son supplice; mais, hélas ! il n'y en a qu'un qui soit compagnon de sa gloire. Voilà le spectacle qui nous doit instruire. Jetons ici les yeux sur Jésus, l'auteur et le consommateur de notre foi, nous le verrons, Chrétiens, dans trois fonctions remarquables. Il souffre lui-même avec patience, il couronne celui qui souffre selon son esprit, il condamne celui qui souffre dans l'esprit contraire II établit la loi de souffrir, il en couronne le droit usage , il en condamne l'abus. C'est ce qu'il nous faut méditer; parce que si nous savons entendre ces choses, nous n'avons plus rien à désirer touchant les souffrances.

En effet, nous pouvons réduire à trois chefs ce que nous devons savoir dans cette matière importante : quelle est la loi de souffrir, de quelle sorte Jésus-Christ embrasse ceux qui s'unissent à lui parmi les souffrances, quelle vengeance il exerce sur ceux qui ne s'abaissent pas sous sa main puissante, quand il les frappe et qu'il les corrige; et le Fils de Dieu crucifié nous instruit pleinement touchant ces trois points. Il nous apprend le premier en sa divine personne, le second dans la fin heureuse du larron si saintement converti, le troisième dans la mort funeste de son compagnon infidèle. Je veux dire que comme il est notre original, il nous enseigne, en souffrant lui-même, qu'il y a nécessité de souffrir : il fait voir, dans le bon larron, de quelle bonté paternelle il use envers ceux qui souffrent comme ses enfants : enfin il nous montre, dans le mauvais, quels jugements redoutables il exerce sur ceux qui souffrent comme des rebellles. Apprenons aujourd'hui, Messieurs, apprenons de ces trois patients, dont la cause est si différente, trois vérités capitales. Contemplons, dans le patient qui souffre étant juste , la nécessité de souffrir imposée à tous l^s coupables ; apprenons du patient qui se convertit, l'utilité des souffrances portées avec soumission ; voyons dans le patient endurci la marque certaine de réprobation dans ceux qui souffrent en opiniâtres : et comme ces trois vérités enferment, si J3 ne me trompe, toute la doctrine chrétienne

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